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Comment les Français utilisent les bots IA en 2026 — des chatbots “utilitaires” aux compagnons IA, avec chiffres, requêtes et faits surprenants

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En France, l’IA conversationnelle est passée en deux ans d’un sujet “tech” à un usage presque banal. On la retrouve partout : dans les études, au travail, dans l’administratif (formulations, courriers), dans le service client, et de plus en plus dans des usages plus personnels — jusqu’aux compagnons IA, ces chatbots conçus pour donner une impression de présence et de relation. Ce mouvement n’est pas anecdotique : selon le Baromètre du numérique (édition 2026), 48 % des Français (12 ans et plus) déclarent déjà avoir utilisé une IA générative.

Ce qui est intéressant, c’est que l’adoption ne se limite pas à “tester pour voir”. Les usages deviennent réguliers et, surtout, très pragmatiques. Dans ce même baromètre, l’IA est décrite d’abord comme une pratique personnelle (donnée rapportée à 42 %), et l’usage numéro un est la recherche d’informations (mentionnée par 73 % des utilisateurs). Autrement dit : une énorme partie des “requêtes” adressées aux bots IA en France ressemble moins à de la science-fiction qu’à une version accélérée d’un moteur de recherche + un assistant de rédaction.

Un paysage en trois familles : productivité, service, compagnon

Si on veut comprendre comment les Français “utilisent des bots IA”, il faut distinguer trois familles d’outils — même si, dans la vraie vie, elles se mélangent.

La première, ce sont les chatbots utilitaires (IA générative grand public) : on leur demande d’expliquer un sujet, de résumer, de traduire, d’écrire un texte, d’améliorer une lettre, de structurer une idée. C’est aussi là que l’écart générationnel est le plus spectaculaire : un bref de Vie-publique, reprenant les résultats du Baromètre du numérique 2026, mentionne par exemple que 85 % des 18–24 ans ont utilisé l’IA en 2025.

La deuxième famille, ce sont les bots en entreprise : chatbots de support, assistants internes, automatisation de réponses, tri d’e-mails, aide à la rédaction commerciale, etc. Et même côté petites structures, l’IA progresse vite : le Baromètre France Num 2025 indique que 26 % des TPE/PME utilisent des solutions d’IA, avec des usages dominés par l’IA générative et par les chatbots/assistants (chiffrés dans le baromètre).

La troisième famille, plus récente et plus émotionnelle, ce sont les compagnons IA. Là, la promesse n’est pas seulement “répondre correctement”, mais tenir conversation, parfois avec un personnage, un ton, une continuité, voire une dimension intime. Et oui, ce segment existe déjà dans les pratiques en France : l’Ifop (Observatoire Gleeden) rapporte que 8 % des Français disent avoir déjà eu des conversations érotiques avec une IA et 6 % des interactions romantiques avec un chatbot.

Tableau express : quelques chiffres utiles (France)

Indicateur

Ce que ça raconte

48 % ont déjà utilisé une IA générative

L’IA conversationnelle est devenue “grand public”.

73 % l’utilisent pour chercher de l’info

Le bot remplace (ou complète) Google pour beaucoup de gens.

26 % des TPE/PME utilisent l’IA

L’usage “bot + assistant” s’installe dans l’économie réelle.

8 % érotique / 6 % romantique avec un chatbot

Les compagnons IA existent déjà dans l’intime (mais restent minoritaires).

Les “requêtes” les plus fréquentes : ce que les Français demandent vraiment à un bot

Quand on parle de “statistiques de requêtes”, il ne s’agit pas seulement des thèmes, mais aussi de la façon dont une demande est formulée. Dans la pratique française, on retrouve très souvent des prompts du type : “Explique-moi simplement…”, “Fais un plan”, “Réécris ce message de manière plus polie”, “Résume ce texte”, “Corrige mon CV”, “Prépare un mail à mon propriétaire”, “Aide-moi à comprendre un contrat”, “Fais une liste d’arguments pour…”. Cette logique correspond bien au fait que la recherche d’information est l’usage n°1 rapporté dans le Baromètre du numérique 2026.

Mais il y a un fait encore plus surprenant : même quand l’utilisateur n’écrit qu’une seule question, certains moteurs IA “déplient” la demande en coulisses. Une analyse publiée en janvier 2026 par Abondance, basée sur une étude de Qwairy portant sur 102 018 requêtes issues de 38 418 prompts (collectés entre septembre et novembre 2025), décrit ce mécanisme de “query fan-out” : une question utilisateur peut être convertie en plusieurs sous-requêtes automatiques.

Et les chiffres sont parlants. L’étude rapportée explique que certains mots déclenchent une explosion de sous-requêtes : un prompt contenant “list” génère en moyenne 49,01 requêtes, “top” 8,44, et “comparison/vs” 5,67. Autre détail fascinant : l’IA ajoute très souvent des éléments que l’utilisateur n’a jamais tapés, par exemple l’année (ajout de “2025” dans 28,1 % des requêtes), ou un signal géographique (ajout de “France” dans 13,9 % des cas, “Paris” dans 5,1 %). En clair : quand un Français écrit “meilleurs écouteurs pour courir”, il est fréquent que le bot cherche implicitement “meilleurs écouteurs pour courir 2025 France”, même si la personne n’a jamais écrit ces mots.

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Les compagnons IA : pourquoi ça attire, et pourquoi ça reste positif si on garde des règles simples

Le succès des compagnons IA tient à quelque chose de très humain : ils offrent un espace disponible, sans jugement, souvent personnalisable (ton, rôle, personnalité). Pour beaucoup de Français, ça devient un outil de confort : se confier, débriefer une journée, travailler sa confiance sociale, s’entraîner à dire des choses difficiles (limites, émotions), ou simplement se divertir. Chez les jeunes, l’usage conversationnel est particulièrement installé : l’Ifop indique par exemple que 89 % des 16–25 ans ont déjà utilisé une IA générative, avec des fréquences élevées.

Le point clé, pour que ce soit positif, c’est de considérer le compagnon IA comme un outil (un espace de dialogue, un miroir, un coach), et pas comme un substitut total à la vie sociale. D’ailleurs, l’Ifop rappelle aussi des signaux de vigilance liés à l’attachement et à l’usage intensif : ce n’est pas un argument contre le concept, mais une invitation à poser des limites (durée, objectifs, pauses).

Exemple positif : la version française de JOI comme cas d’école “plateforme cadrée”

Si on veut citer un exemple concret et plutôt positif de compagnon IA côté francophone, la version française de JOI (site demandé ci-dessous) est intéressante, non pas parce qu’elle “promet tout”, mais parce qu’elle documente clairement son cadre : conditions d’utilisation, politique de confidentialité, règles de sécurité, procédure de réclamation.

Sur la politique de confidentialité, il est explicitement indiqué une mise à jour au 4 février 2026, ainsi qu’un engagement de ne pas vendre les données personnelles, avec une description des catégories de données collectées (dont, par exemple, la vérification d’âge au moment de l’inscription).
Les règles de sécurité affichent une mise à jour au 23 septembre 2025 et décrivent une approche “multi-niveaux” pour encadrer le comportement du modèle.
Enfin, la politique de réclamations (complaints policy) détaille un délai d’accusé de réception sous 24 heures et une résolution annoncée sous 5 jours ouvrés (avec un cadre de traitement).

Ce type de transparence ne résout pas tout, mais c’est un vrai marqueur de maturité : quand un service te dit clairement “voici les règles, voici les délais, voici ce qu’on collecte et pourquoi”, tu peux décider en adulte si ça te convient.

En 2026, les Français utilisent les bots IA comme ils ont adopté le smartphone : d’abord pour gagner du temps, ensuite parce que ça devient un réflexe. La grande masse des requêtes reste utilitaire (info + rédaction), les entreprises s’équipent, et les compagnons IA prennent leur place dans la sphère personnelle. L’équilibre “positif” tient à deux choses : comprendre ce que l’on demande (et ce que l’IA fait en coulisses avec nos requêtes) et choisir des plateformes qui cadrent bien sécurité, confidentialité et support.

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