Le régime de Robert Mugabe au Zimbabwe
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Carnet Photographique Zimbabwe |
Dans la première moitié des années 1980, 250 000 Blancs émigrent vers l'Afrique du Sud. Pourtant, la population blanche maintient son hégémonie sur l’activité économique et la possession des terres agricoles les plus riches. Le Premier ministre Mugabe renforce d’abord ses pouvoirs au détriment de la minorité ndebele qui est durement réprimée, et son armée doit affronter à plusieurs reprises l’aile armée de la ZAPU. Fin 1987, la Constitution est amendée afin de remplacer la fonction de Premier ministre par un poste de président exécutif combinant les fonctions de chef d’État et de chef du gouvernement. La ZANU et la ZAPU fusionnent en 1988 à l'instigation de Robert Mugabe au sein du ZANU-PF (Front patriotique), et Nkomo est rappelé au gouvernement. En 1990, il devient vice-président de l’État. |
L’aggravation de la situation économique contraint le gouvernement du Zimbabwe, malgré les discours socialisants du président, à accepter, en 1991, la mise en place d’un programme d’ajustement structurel défini par la Banque mondiale. Le redressement s’opère progressivement, mais la réforme agraire n’est mise en œuvre que partiellement en dépit du vote, en 1992, prévoyant l’expropriation des terres possédées par des Blancs et laissées en friche. |
En mars 1996, Robert Mugabe est réélu président avec plus de 92 p. 100 des voix. Les deux autres candidats, les révérends Ndabaningi Sithole et Abel Muzorewa ont, il est vrai, renoncé à se présenter. La politique d’ajustement structurel entraîne des grèves très dures de septembre à novembre 1996. La question agraire reste au centre des préoccupations et cristallise les critiques contre le régime de Robert Mugabe. La minorité blanche, qui représente 1 p. 100 de la population, possède 70 p. 100 des terres arables, ce qui exclut de la croissance la grande majorité des masses rurales. En 1998, plusieurs « émeutes de la faim », provoquées par un taux de chômage touchant 45 p. 100 de la population et la chute de la monnaie nationale, ébranlent fortement le pouvoir, qui rend les 70 000 fermiers blancs responsables de la situation. |
En avril 1999, n'ayant pu obtenir une aide financière des grands organismes internationaux en raison de son attitude vis-à-vis des fermiers blancs et de son implication armée dans le conflit affectant la République démocratique du Congo (RDC), le Zimbabwe rompt ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. La Grande-Bretagne, qui a commencé à verser des fonds destinés à la réforme agraire, suspend sa contribution, estimant que les propriétés redistribuées ont été attribuées de préférence à des membres proches de la ZANU ou de la famille de Robert Mugabe. |
À la corruption dénoncée par l'opposition s’ajoute la dérive autoritaire du pouvoir, dont la manifestation la plus marquante est l'envoi, sans consultation du Parlement, d'un corps expéditionnaire de 11 000 hommes en RDC pour soutenir le régime de Laurent-Désiré Kabila. Le coût de la guerre (1 million de dollars par jour) et la pénurie de carburant causée par une mauvaise gestion de la société nationale ont des répercussions catastrophiques sur l'économie nationale. Le 11 février 2000, un référendum constitutionnel organisé par le président Mugabe pour conforter sa position se solde par un échec, avec 54,6 p. 100 de « non », un résultat dont se prévaut l'opposition regroupée autour du syndicaliste Morgan Tsvangirai du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Un sondage estime, peu de temps après, que les deux tiers des Zimbabwéens souhaitent le départ du président. C'est dans ce contexte que, fidèle à sa ligne de conduite, Robert Mugabe fait appel aux « vétérans » de la guerre d'indépendance du Zimbabwe et lance un mouvement d'occupation des terres aux mains des Blancs qui donne lieu à de nombreuses violences (meurtres de fermiers blancs et d’opposants noirs au régime). Robert Mugabe refuse, par deux fois, de faire appliquer une décision de la Haute-Cour de justice exigeant l'évacuation des fermes occupées. Les relations du Zimbabwe avec l'Afrique du Sud, accusée de tiédeur dans la gestion de sa médiation en RDC, se durcissent durant cette période, mais Pretoria, craignant un élargissement des revendications à ses |
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Robert Mugabe |
propres problèmes concernant la redistribution des richesses, temporise ses réactions, ce qu’elle continuera de faire à l’occasion du scrutin présidentiel de 2002. |
Après la dissolution du Parlement, le 11 avril 2000, le président signe un décret fixant aux 24 et 25 juin les élections législatives. Face au ZANU-PF qui obtient 62 députés élus et 30 députés nommés, le MDC remporte 57 sièges, ce qui constitue une immense victoire pour l’opposition (elle en avait obtenu 2 sur 150 en 1995). Dès lors le président met tout en œuvre pour remporter l’élection présidentielle de 2002 : adoption de lois anti-opposition, contrôle de la presse et du pouvoir judiciaire, campagne d’intimidation et de répression, expulsion des observateurs internationaux… En mars 2002, à l’issue d’un scrutin marqué par des campagnes d’intimidation, il est réélu avec 56,2 p. 100 des voix, contre 41,9 p. 100 pour le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, qui dénonce la fraude massive, de concert avec la communauté internationale. Les conditions de cette réélection très controversée entraînent des sanctions de l’Union européenne et la suspension du Zimbabwe du Commonwealth pour une durée indéterminée — en 2003, le Zimbabwe décide de quitter l’organisation. Le régime de Robert Mugabe manifeste alors une véritable fuite en avant dans sa guerre contre les opposants. Massivement suivies, les grèves générales organisées par l’opposition au printemps 2003 donnent lieu à de nombreuses arrestations. Tandis que la situation économique et sociale est désastreuse, le pouvoir accentue sa mainmise sur les ressources du pays. Près de la moitié de la population du Zimbabwe (environ 5,5 millions de personnes) se trouve sous la menace de la disette. Cette très grave crise est essentiellement la conséquence de la réforme agraire. Loin de profiter à la majorité noire, la campagne d’invasion des terres lancée en 2000 dans le chaos et les violences a bénéficié aux sympathisants du régime et totalement déstructuré le secteur agricole. Les élections législatives de mars 2005, qui se déroulent sans violences, voient la victoire à la majorité absolue du parti de Robert Mugabe, qui remporte 78 sièges contre 41 pour le MDC. "Zimbabwe" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 |
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