Cambodge par Carnet Photographique


Histoire du Cambodge - le protectorat et Pol Pot

Carnet photographique : Cambodge
21/09/15

La présence française au Cambodge

En 1863, la France, qui cherche à étendre son influence en Indochine, assume les droits du Viêt Nam et offre sa protection au Cambodge, de nouveau menacé par les Siamois. Le roi Norodom Ier accepte le protectorat, qui stipule que le Cambodge s’interdit toute relation avec une puissance étrangère sans l’accord de la France. Un résident général veille à l’exécution du traité. La monarchie cambodgienne reste en place mais, à partir de 1884, elle a perd de facto toute autorité fonctionnelle.


Le protectorat français

Sous le règne de Sisowath, la mise en valeur et la modernisation du pays sont entreprises : construction de routes, aménagement des ports et mise en place d’infrastructures publiques. La restauration du vaste complexe d’Angkor Vat, vers 1930, contribue à raviver la fierté du peuple khmer vis-à-vis de son passé. La Seconde Guerre mondiale a les mêmes effets au Cambodge que dans l’Indochine. L’administration française subsiste à côté de l’administration japonaise. En janvier 1941, une tentative siamoise pour reprendre les provinces perdues est écrasée par la marine française à Koh Chang ; en mars 1945, les Japonais placent sur le trône le jeune roi Norodom Sihanouk. Politique habile, il s’emploie à négocier avec la France l’indépendance du Cambodge.


L'indépendance du Cambodge

Pol Pot

Accordée le 9 novembre 1953, l’indépendance du Cambodge est totale à partir de la dissolution de l’Union économique et monétaire indochinoise, en 1954. Sihanouk fait approuver son action par référendum puis abdique, en mars 1955, en faveur de son père afin de fonder son propre parti, le Sangkum Reastr Niyum (Communauté socialiste populaire). Sihanouk est très conscient du fait que la survie du Cambodge dépend de sa politique étrangère. Pris en tenailles entre le Viêt Nam et la Thaïlande, en butte aux pressions des grandes puissances comme les États-Unis, l’URSS et la Chine, qui cherchent à consolider leurs positions dans la péninsule, Sihanouk observe une stricte neutralité. Redevenu chef de l’État en juin 1960, il réussit à protéger le Cambodge pendant plus de 15 ans. Toutefois, l’intensification du conflit qui a repris au Viêt Nam en 1959, la création de sanctuaires et de pistes de ravitaillement (la piste Hô Chí Minh) au

Pol Pot
Cambodge par les Nord-Vietnamiens et les Viêt-công durant la Guerre du Viêt Nam font finalement voler en éclats l’édifice diplomatique péniblement construit.


Le régime de Pol Pot

Le Cambodge

En 1968, le Parti communiste khmer commence la lutte armée. La personnalisation du régime sihanoukiste l’affaiblit autant que le conflit vietnamien et les pressions étrangères. Le 18 mars 1970, alors que Sihanouk est à l’étranger, le Premier ministre, le général Lon Nol, fait un coup d’État, avec l’aval des États-Unis. Lon Nol donne deux jours aux Vietnamiens pour retirer leurs troupes ; c’était oublier la popularité de Sihanouk dans le monde paysan. Le 19 mars, de Pékin, il révoque le général Lon Nol et appelle à la résistance, créant le FUNK (Front uni national du Kampuchéa). Hanoi et Pékin lui accordent immédiatement leur soutien. Quatre divisions nord-vietnamiennes entrent au Cambodge. L’armée cambodgienne réplique par le massacre d’au moins 100 000 Vietnamiens du Cambodge. L’immense majorité de la paysannerie rallie le FUNK et le petit Parti communiste khmer ; le coup d’État, techniquement réussi, s’avère un échec politique complet. Malgré l’entrée des Américains et des Sud-Vietnamiens au Cambodge, les troupes du maréchal Lon Nol se retrouvent petit à petit assiégées dans les villes. Le retrait des Sud-Vietnamiens en 1973 et leur remplacement par des Khmers krom (Cambodgiens vivant au Sud-Viêt Nam) ne changent rien aux données du conflit. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom-Penh. L’Angkar Loeu, le Parti communiste khmer fondé dans les années 1950, n’a jamais été une organisation puissante ; en 1975, il devient le grand vainqueur.

Cambodge Photo Emmanuel BUCHOT
Sous la direction d’un doctrinaire et sanguinaire Saloth Sar, de son nom de guerre Pol Pot, l’Organisation suprême entreprend de vider les villes de ses habitants et de ruraliser le Cambodge par la force. Les Khmers rouges isolent le Cambodge, qui se transforme en un gigantesque camp de travail forcé. Leur brutalité, qui a entraîné la mort de sans doute plus de deux millions de personnes, sert de prétexte avoué à Hanoi pour envahir le pays, en décembre 1978. Le pouvoir revient à la fraction provietnamienne du PCK, à Heng Samrin, chef du Conseil de l’État, puis à Hun Sen, sous la protection intéressée du Viêt Nam. Cependant, les Khmers rouges poursuivent la résistance — en particulier dans les régions proches de la frontière thaïlandaise — et ils conservent leur siège à l’ONU.

La restauration de l'état cambodgien

Hun Sen au Cambodge

En septembre 1989, le Viêt Nam retire ses troupes du Cambodge alors que, avec la fin de la guerre froide, l’occupant ne bénéficie plus du soutien financier soviétique. Ce retrait laisse le régime de Hun Sen dans une situation plus que précaire : privé de toute aide étrangère substantielle, le gouvernement cambodgien est de plus aux prises avec la guérilla khmère rouge. C’est dans ce contexte que la République populaire du Kampuchéa abandonne officiellement la voie du socialisme, qu’elle redevient l’État du Cambodge et introduit des réformes visant à attirer les investissements étrangers et à augmenter la popularité du parti unique, rebaptisé Parti du peuple cambodgien (PPC).

Le 23 octobre 1991, les belligérants signent à Paris un traité de paix qui institue un Conseil national suprême (CNS) représentant les différentes factions cambodgiennes et chargé de gouverner provisoirement le pays sous la tutelle de l’ONU. Norodom Sihanouk revient au Cambodge et est nommé président du CNS. En mai 1993 — et pour la première fois depuis 1972 — des élections législatives multipartites ont lieu. Elles donnent un avantage relatif au Funcinpec (Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif), parti royaliste, au détriment du PPC de Hun Sen. Tandis que le Premier ministre sortant refuse de céder le pouvoir, une coalition est formée entre les deux plus grands partis, au sein de laquelle Norodom Ranariddh, chef du Funcinpec et fils de Sihanouk, et Hun Sen sont nommés Premier ministre.

Hun Sen.
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