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Infos sur l'Opéra Garnier de Paris
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Depuis sa mise en service au XIXe siècle, l'Opéra et Académie nationale de danse et de musique présente des spectacles lyriques et chorégraphiques, des récitals et des concerts. Sa construction est décidée par Napoléon III et exécutée par le baron Haussmann dans le cadre du programme qui doit transformer Paris en une capitale moderne et dont il est l'une des pièces maîtresses. C'est le projet du jeune architecte Charles Garnier qui remporte le concours en 1860 et les travaux peuvent commencer en 1861. Le chantier dure quinze ans, ralenti par les difficultés techniques et les problèmes politiques.

Histoire de l'opéra Garnier

L'Opéra est inauguré le 15 janvier 1875 par le président de la République Mac-Mahon. L'édifice à l'architecture éclectique, surchargée d'ornements baroques, reste le symbole du style Napoléon III. Ce théâtre, un des plus grands du monde, dispose d'une capacité qui n'excède pas les 2 131 places à cause de l'espace occupé par les salles de répétition, les foyers, la bibliothèque, le musée mais aussi les dégagements : couloirs, paliers, escaliers dont le rôle social était fondamental pour le déroulement du cérémonial mondain. Le respect de l'architecture initiale a présidé aux nombreux travaux effectués depuis l'ouverture du palais Garnier. En 1880, une bibliothèque et un musée sont installés dans le pavillon de l'empereur. La vaste bibliothèque publique, qui est consacrée aux ouvrages ayant trait à l'histoire du théâtre et de la musique, conserve les archives de l'Opéra. Le musée possède trois salles réservées à des expositions temporaires. En 1923, le palais Garnier est classé monument historique. C'est en 1964 qu’est réalisé le plafond, inspiré de neuf opéras célèbres, qui a été commandé à Marc Chagall par André Malraux. Avec la mise en service de l'Opéra Bastille, l'Opéra Garnier cesse de présenter des œuvres lyriques et est rebaptisé Palais de la danse.

Le grand foyer à l'opéra Garnier de Paris
Le Grand foyer de l'opéra Garnier. Photo E. Buchot
Charles Garnier et son oeuvre
Statue de Rameau à l'opéra Garnier

Après avoir remporté le grand prix de Rome en 1848, Charles Garnier voyage pendant cinq ans en Italie, puis en Grèce, pour y connaître mieux l'architecture antique, classique et baroque. De retour à Paris à l'époque où Lefuel construisait le nouveau Louvre, il travaille un peu avec Viollet-le-Duc. Mais l'éclectisme de Garnier ne pouvait s'accommoder longtemps de la science précise de Viollet-le-Duc en matière d'« archéologie architecturale ». En 1860, il gagne le concours organisé à l'initiative de Napoléon III pour construire un Opéra à Paris (alors que le projet de Viollet-le-Duc est refusé), édifice qui allait devenir son œuvre la plus célèbre en même temps qu'un emblème de la pompe du second Empire. L'extérieur sera terminé en 1870, le bâtiment inauguré en 1875.  Le contraste entre la place de l'Opéra (ou plus exactement de l'Académie nationale de musique) et l'édifice de Garnier mérite d'être signalé : l'architecte accorde, en effet, peu d'importance à l'intégration de l'édifice à un ensemble. Ce fait est plus remarquable encore si l'on se rappelle que les bâtiments de cette place, ainsi que son organisation spatiale, sont contemporains (ils datent de 1858-1864, les architectes en sont Rohault de Fleury et Henry Blondel) : pour Garnier, l'Opéra doit être un bijou rutilant (ou une pièce montée) devant lequel l'« environnement » doit s'effacer dans sa pauvreté.

Statue de Rameau à l'opéra Garnier de Paris

Garnier a réussi à donner à l'Opéra un caractère volumétrique : les trois côtés sont construits de manière à peu près identique à la façade, mais l'articulation spatiale légèrement différente de chacun suggère un mouvement rotatif. La boursouflure interne, qui n'a rien à voir avec la Renaissance italienne, le mélange des styles, l'emphase externe, tout cela peut être la marque à la fois d'une certaine décadence et d'une grande liberté, et précisément l'Opéra de Garnier devint un modèle parce que, par son exagération, il se moque de toute fidélité historique. Les autres bâtiments de Garnier n'ont rien de ce faste « toc » qui fait de l'Opéra (et du casino de Monte-Carlo) d'intéressants symptômes d'un autre âge. Source Universalis

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