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Histoire du Tchad : l'indépendance du Tchad
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En 1946 est fondé le Parti progressiste tchadien (PPT), affilié au Rassemblement démocratique africain, fondé par Félix Houphouët-Boigny, et implanté dans le Sud. Il est dirigé par un administrateur d’origine antillaise, Gabriel Lisette, et un instituteur tchadien, François Tombalbaye. Le PPT remporte en 1956 les premières élections au suffrage universel, organisées selon les termes de la loi-cadre Defferre, qui renforce l’autonomie locale. En 1959, un an après que le Tchad est devenu une république au sein de la Communauté française, Tombalbaye devient Premier ministre. L’année suivante, le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence du dirigeant du PPT. L’indépendance ravive la rivalité séculaire entre le Sud, dominé jusqu’à la colonisation française, et le « Nord » (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), ancien dominateur, où l’administration militaire n’a jamais cessé de s’exercer durant toute l’époque coloniale.

Tombalbaye mène une politique de marginalisation des populations musulmanes nordistes et, en 1962, supprime les partis politiques, le PPT étant seul autorisé. En 1966, un Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) voit le jour au Soudan. Il rassemble des musulmans du nord et du centre-est, mais également des opposants de toutes origines, fortement influencés par le nassérisme. Le Frolinat est soutenu par le Soudan. L’armée française intervient en avril 1969 contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le nouveau dirigeant, le colonel Kadhafi, apporte son appui logistique au Frolinat et revendique des droits sur la bande d’Aozou. Un temps réduit, le Frolinat éclate en plusieurs mouvements. Les Toubou font sécession et forment une « deuxième armée », au sein de laquelle les Forces armées populaires (FAP) commandées par Goukouni Oueddeï, un Teda, sont appuyées par la Libye, et les Forces armées du Nord (FAN) dirigées par Hissène Habré, un Gorane, sont soutenues par le Soudan.

En 1973, la Libye annexe la bande d’Aozou. L’année suivante, les partisans d’Hissène Habré prennent en otage l’archéologue française Françoise Claustre. Tandis que la rébellion nordiste poursuit ses actions, un coup d’État à Ndjamena porte au pouvoir en 1975 le général Félix Malloum, un autre sudiste. Le nouveau dirigeant parvient à rallier Hissène Habré qu’il nomme Premier ministre en 1978, mais l’alliance est rompue en février 1979. Des combats opposent l’armée gouvernementale (Forces armées tchadiennes, FAT) aux forces d’Hissène Habré, qui s’emparent de Ndjamena. En mars, la guerre a gagné le Sud. Sous la pression de la France, des accords sont conclus à Kano, au Nigeria. Ils instituent un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) comprenant notamment des représentants des FAP, des FAN et des FAT et dirigé par Goukouni Oueddeï. Mais le lieutenant-colonel Abdelkader Kamougué, chef des FAT installé à Moundou, refuse de le reconnaître.
Francois Tombalbaye
Francois Tombalbaye
Un second GUNT est alors formé, dans lequel Kamougué est nommé Premier ministre. "Tchad" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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