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Election de Chavez


Hugo Chavez au Venezuela
Hugo Chavez au Venezuela. Encarta

En décembre 1998, l’ex-colonel Hugo Chávez, auteur du coup d’État manqué de février 1992 et « héros » des défavorisés, remporte largement, avec 56 p. 100 des voix, l’élection présidentielle. Sa coalition, le « Pôle patriotique » (une dizaine de partis de gauche et nationalistes), obtient environ 32 p. 100 des voix lors des élections législatives de novembre 1998. Investi en février 1999, il annonce le début du « processus révolutionnaire démocratique et pacifique » et affirme son intention d’en finir avec la corruption et le « néolibéralisme sauvage », de redresser l’économie du pays et de « refonder la République ». Malgré l’opposition, qui en dénonce l’illégitimité, les Vénézuéliens approuvent massivement par référendum la convocation d’une Assemblée constituante, chargée de rédiger la charte suprême de la Ve République. Composée à 92 p. 100 de partisans du président, l’Assemblée constituante réorganise le secteur judiciaire et réduit considérablement les pouvoirs du Congrès, où les partis traditionnels — COPEI et AD — sont majoritaires.

La « guerre des pouvoirs législatifs » est désamorcée en septembre bien que le Congrès n’ait récupéré qu’une partie de ses pouvoirs. Tandis que des pluies violentes s’abattent sur le pays, faisant environ 50 000 victimes et 400 000 sans-abri, 70 p. 100 des Vénézuéliens approuvent en décembre, contre l’avis de l’épiscopat, la nouvelle Constitution.

Les années 2000


En janvier 2000, l’Assemblée constituante est dissoute et des élections générales sont prévues pour le mois de mai. Celles-ci sont reportées par une ordonnance de la Cour suprême en raison de problèmes techniques de vote électronique. Ce report, qui met en cause les membres chavistes du nouveau Conseil national électoral (CNE), s’effectue dans un climat très critique — fortement alimenté par les médias — à l’égard du président Chávez, soupçonné de vouloir accaparer le pouvoir. Celui-ci, qui bénéficie toujours du soutien du peuple vénézuélien, même si sa popularité auprès des classes moyennes s’effrite, est réélu le 30 juillet à la présidence de la République pour un second mandat d’une durée de six ans. Avec 59,7 p. 100 des voix, il précède son rival Francisco Ariaz, qui en recueille 38 p. 100.

Cependant, avec 99 sièges sur les 165 que comprend l’Assemblée, il perd la majorité des deux tiers, ce qui le prive du pouvoir constitutionnel de légiférer sans débat et pourrait conduire au blocage de certaines réformes. Réaffirmant sa volonté de combattre le néolibéralisme et de continuer la « grande révolution sociale et bolivarienne », Hugo Chávez tente d’instaurer « une démocratie sociale d’économie de marché ». Dans ce but, le Venezuela demande son adhésion au Mercosur, marché commun de l’Amérique du Sud mais, dans le même temps, le pays se montre très réservé quant à l’instauration de la zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) prévue à l’horizon 2005.

Une politique autoritaire


La politique de Hugo Chávez, de plus en plus autoritaire, est cependant loin de faire l’unanimité, tandis que l’opposition se consolide et qu’elle touche de nombreux secteurs de la société : des syndicats de travailleurs aux chefs d’entreprise, de l’Église catholique aux médias. L’adoption, au mois de novembre 2001, d’une quarantaine de décrets-lois concernant en particulier les domaines épineux de la réforme agraire et de l’industrie pétrolière, porte à son paroxysme la contestation antigouvernementale. Le 10 décembre, notamment, la grève nationale lancée par la Fedecamaras, la fédération patronale, parvient à paralyser totalement le pays ; massivement soutenue par les syndicats de travailleurs — dont la puissante Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), opposée à Chávez —, elle bénéficie aussi de l’appui de la Coordination démocratique, qui rassemble une vingtaine de partis de droite comme de gauche, et diverses organisations civiles.

Le limogeage de hauts responsables de la société publique des pétroles (PDVSA) provoque de nouvelles manifestations d’opposition au régime qui dégénèrent, le 11 avril 2002, en violents affrontements, faisant au moins dix victimes et une centaine de blessés parmi les manifestants. Dans la nuit du 11 au 12 avril, le président Chávez est destitué, le Parlement suspendu, et le président de la Fedecamaras, Pedro Carmona, leader de la junte civilo-militaire, proclamé président par intérim. Bénéficiant du soutien d’une partie de l’armée, Hugo Chávez est réinstallé à la tête de l’État dès le 14 avril, et lance un appel à la réconciliation nationale. "Venezuela" " Ecrit par et Encarta

Une période de conflits sociaux


Mais l’opposition, même si elle reprend la voie démocratique, poursuit avec détermination sa lutte contre le régime du président Chávez. Le 2 décembre, elle lance une grève générale illimitée qui paralyse le secteur pétrolier, principal moteur du pays ; les manifestations se déroulent dans un climat de violences exacerbées — plusieurs manifestants sont tués lors de fusillades aux circonstances troubles.

La grève générale prend fin deux mois plus tard, alors que l’opposition connaît des divisions et que les tentatives de médiation internationale entre le gouvernement et l’opposition se multiplient afin de trouver une issue électorale à la crise politique, en particulier sous l’égide de l’Organisation des États américains (OEA) et du Groupe des amis du Venezuela qui réunit, sur l’initiative du président brésilien Luis Inacio Lula da Silva, le Brésil, les États-Unis, le Chili, le Mexique, l’Espagne et le Portugal. L’opposition s’oriente dès lors vers une campagne de pétitions visant à la démission du président par l’organisation d’un référendum consultatif. Cette campagne aboutit le 15 août 2004 à la tenue d’un référendum « révocatoire » visant à mettre fin au mandat du chef de l’État (une procédure prévue par la Constitution bolivarienne de 1999). Dans un climat politique polarisé entre partisans de Hugo Chávez, confiants dans le modèle alternatif qu’il incarne, et anti-chavistes, qui l’accusent de vouloir instaurer un régime dictatorial « à la cubaine », cette consultation conforte Hugo Chávez au pouvoir, le « non » à sa destitution recueillant 59,25 p. 100 des suffrages (avec une participation de près de 70 p. 100). Cette victoire est confirmée par les observateurs internationaux tandis que l’opposition dénonce une fraude massive. En décembre 2005, les élections législatives boycottées par les partis d’opposition sont marquées par une abstention de 75 p. 100.

Dans ce contexte, tous les sièges de l’Assemblée nationale sont remportés par la majorité chaviste. Réélu triomphalement en décembre 2006, avec 62,8 p. 100 des voix, Hugo Chávez renforce la centralisation en remaniant son gouvernement et en appelant à la création d’un parti unique. Afin de conduire la « révolution socialiste », qui passe notamment par la nationalisation des secteurs de l’énergie, des télécommunications et du pétrole, Hugo Chávez est investi par le Parlement des pleins pouvoirs pour dix-huit mois à l’unanimité en janvier 2007, une semaine après son investiture, ce qui l’autorise à légiférer par décrets. En février 2009, un référendum autorise Hugo Chávez à envisager un nouveau mandat après 2012. "Venezuela" " Ecrit par et Encarta

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