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Histoire du Mali : le retour à la démocratie
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La dictature de Traoré

Au lendemain de la chute de Moussa Traoré, les libertés publiques sont rétablies par un Comité transitoire pour le salut du peuple, dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré et sous l’égide duquel sont organisées les premières élections libres du Mali indépendant. En février 1993, l’ancien dictateur est condamné à mort au terme d’un procès exemplaire — sa peine est commuée en détention à perpétuité en 1997. Le nouveau régime, présidé à partir d’avril 1992 par Alpha Oumar Konaré, un professeur d'histoire qui a manifesté sa volonté de résoudre le conflit touareg, mais aussi la crise sociale, par la négociation. Ses efforts pour renforcer la démocratie demeurent cependant menacés par la persistance des difficultés économiques et une forte corruption. En mai 1997, le président Konaré est réélu avec plus de 80 p. 100 des suffrages exprimés — l’opposition a appelé au boycott en raison de l’annulation des élections législatives du mois d’avril pour mauvaise organisation du scrutin. Son parti, l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), continue cependant de dominer la scène politique à l’occasion des élections législatives (1997) et municipales (1999). Avec un budget plus ou moins en équilibre, et la bonne image que présente son président qui affiche un train de vie modeste, le Mali est souvent cité comme un pays de « bonne gouvernance ».

Les difficultés auxquelles doit faire face le gouvernement, dirigé à partir de février 2000 par Mandé Sidibé, qui succède à Ibrahim Boubacar Keïta, sont cependant nombreuses. L’armée malienne est notamment obligée d’intervenir dans le nord du pays en raison d’une insécurité croissante. Sur le front économique, le Mali est victime d’une grave crise énergétique et d’une chute importante des cours mondiaux du coton et de l’or, principales sources d’exportation. Reconnu comme un « pays pauvre très endetté » (PPTE), le Mali doit pouvoir bénéficier de l'effacement d'une partie de sa dette. Conformément à la volonté des instances financières internationales, le gouvernement malien s’engage à mieux lutter contre la corruption et à développer le programme de privatisations.

Enfin, l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations au début de l’année 2002, qui a nécessité de lourds et coûteux travaux (construction de nouveaux stades, d’aéroports, de routes, etc.) n’a pas les retombées économiques attendues. Ces dépenses sont en outre mal perçues au sein d’une certaine partie de l’opinion publique malienne, compte tenu des efforts à consentir dans les domaines scolaire et sanitaire.

Le deuxième mandat du président Konaré s’achève ainsi sur un bilan contrasté, qui n’est pas exempt de critiques sur sa mauvaise gestion, la corruption persistante et la paupérisation.

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Alpha Oumar Konare
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