Carnet Photographique technique photographique Voyage à Paris
La vie intellectuelle et artistique en France du 11ème au 13 ème siècle
Carnet Photographique France

Les gens d’Église sont également intégrés dans le système féodal, qu’ils soient vassaux d’un seigneur ou seigneurs eux-mêmes. Le clergé se trouve sous la dépendance des laïcs, rois ou seigneurs, qui choisissent et nomment les évêques, les abbés ou les curés, contrairement à ce qui a été prévu par les lois de l’Église. Cette situation fait naître un certain nombre de conflits entre la papauté et les souverains, conflits qui culminent dans la querelle des Investitures aux XIe et XIIe siècles. Un sursaut réformateur se produit dans ce contexte de relâchement des mœurs (beaucoup d’hommes d’Église vivant en effet comme des laïcs ne sont pas en mesure de respecter les règles canoniques) : l’abbaye bénédictine de Cluny, fondée en 910, insuffle à la vie monastique un renouveau qui, jugé parfois insuffisant, débouche sur la constitution de communautés plus ascétiques (cisterciens, chartreux), puis voit triompher au XIIIe siècle les ordres mendiants.

Le rôle du clergé dans la société se précise : l’Église, qui contrôle la vie de chaque chrétien du baptême à la mort, essaie de limiter la violence des mœurs féodales : la « paix de Dieu » défend aux chevaliers de s’attaquer aux personnes sans défense et la « trêve de Dieu » interdit les combats à certains moments de la semaine. Les croisades, lancées en 1095 au concile de Clermont par le pape Urbain II, répondent notamment à l’objectif de canaliser cette violence en mettant les chevaliers au service du Christ.

Au Moyen Âge, le monopole de l’enseignement est détenu par l’Église. Effectuées dans des abbayes ou des écoles épiscopales, destinées à la formation des clercs, les études sont essentiellement consacrées à la théologie. Un tournant s’effectue pourtant à partir du XIIe siècle. D’une part, l’Occident redécouvre les auteurs de l’Antiquité à travers la traduction et la copie de manuscrits retrouvés dans les grandes villes musulmanes et, d’autre part, certains professeurs, à l’image de Pierre Abélard, aspirent à un renouvellement des méthodes d’enseignement. L’essor des études amène les maîtres et les étudiants, de plus en plus nombreux, à s’unir au sein de corporations, les universités, protégées par le pape et jouissant de nombreux privilèges.

Au XIIIe siècle, Paris est devenue un centre international du savoir ; les plus grands esprits de l’époque viennent y enseigner (Thomas d’Aquin, Bonaventure, maître Eckhart) et la fondation, par le chanoine Robert de Sorbon, sous le patronage de Louis IX, de la future Sorbonne (1257), collège destiné à accueillir les étudiants les moins fortunés, permet de faire accéder au savoir une nouvelle couche de la population.

La royauté va bientôt pouvoir puiser parmi ces anciens étudiants un personnel compétent, utile pour le renforcement de son assise.

L’art médiéval en Occident est surtout un art religieux. Si les architectes du Moyen Âge construisent quantité de bâtiments militaires (châteaux forts, etc.) et civils (beffrois, halles, etc.), ils s’illustrent essentiellement dans l’édification de monuments religieux. Il s’agit alors de remplacer ou de restaurer les églises détruites par les Sarrasins et les Normands, de doter les nouvelles agglomérations de lieux de culte, d’accompagner l’essor monastique de bâtiments appropriés. La France des XIIe et XIIIe siècles voit se construire de remarquables édifices de style roman. Le « temps des cathédrales » voit ensuite le triomphe du style gothique.

"France (histoire)" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

Un cours à la Sorbonne
Cours à la Sorbonne
Recherche personnalisée