L'âge classique de la littérature française
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Le règne effectif de Louis XIV, après la mort de Mazarin (1661), marque l’avènement de ce que l’on appelle, depuis le XIXe siècle, l’âge classique. Avec Jean Racine, la tragédie atteint son apogée : récusant l’humanisme optimiste de Corneille et les compromissions du romanesque, il veut retrouver la tradition antique en empruntant exclusivement ses thèmes aux tragiques grecs et latins et à la Bible. Désireux de susciter « terreur et pitié » à l’instar des Anciens, dans une perspective édifiante, selon le principe de la catharsis, il met en œuvre dans ses tragédies les forces obscures de la passion (passion amoureuse et ambition politique), donnée comme le principal vecteur d’un destin implacable. L’action de ses tragédies, considérablement épurée par rapport à celles de ses prédécesseurs, gagne en puissance : le respect strict de l’unité de lieu, de temps et d’action, va dans le sens d’une concentration, et même d’une intériorisation du conflit, qui exprime à la perfection le pessimisme de l’auteur, dont la pensée doit beaucoup au jansénisme (Andromaque, 1667 ; Britannicus, 1669 ; Bérénice, 1670 ; Iphigénie, 1674 ; Phèdre, 1677). |
Dans le genre tragique, il faut citer encore le nom d’auteurs restés dans l’ombre de Racine, tels Thomas Corneille, frère de Pierre Corneille, et Philippe Quinault. |
En s’inspirant, à l’instar de ses prédécesseurs Corneille et Rotrou, des sources les plus diverses — les comiques latins (Plaute), la commedia dell’arte et la tradition de la farce —, Molière achève de faire de la comédie une œuvre littéraire de premier plan. Ses comédies, non dépourvues de profondeur ni de gravité (le Misanthrope, 1666), traitent, sur le mode satirique, de faits de société, comme le problème de l’éducation des femmes (l’École des femmes, 1662) ou les excès ridicules de la préciosité (les Précieuses ridicules, 1659). Mais, avec Tartuffe (pièce écrite en 1664, jouée en 1669) et Dom Juan (1665), il s’attaque à des problèmes contemporains plus graves, puisqu’il s’agit de dénoncer les agissements du parti dévot. |
Molière s’inscrit dans la tradition moraliste de son époque en faisant de la comédie le lieu de dénonciation des vices de son temps, mais la portée de son propos le rend pertinent de nos jours encore. En outre, il sait créer des types littéraires très forts (Harpagon dans l’Avare, par exemple) et inventer un langage dramatique inédit en mêlant la langue des aristocrates et le patois paysan, les situations les plus tragiques au comique farcesque élémentaire et à la pantomime, etc. Après Molière, mais loin de l’égaler, des auteurs tels que Jean-François Regnard ou Alain René Lesage se distingueront dans le genre de la comédie. Voir Drame et art dramatique. "littérature française" Encyclopédie Microsoft® Encarta |
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