Le roman allemand du 20ème siècle
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La vigueur du mouvement expressionniste en Allemagne a marqué profondément et largement le monde de la création dans ce pays, et même les cercles artistiques et intellectuels éloignés du mouvement subissent son influence. L’audace formelle de l’expressionnisme a pour effet de libérer les auteurs des contraintes formelles traditionnelles. Les romanciers allemands s’engagent donc résolument dans une remise en cause du récit réaliste, linéaire et mimétique, pour expérimenter des techniques nouvelles et souvent audacieuses. Si, dans ses tout premiers récits, le dramaturge Gerhart Hauptmann reste d’abord fidèle à ses choix naturalistes (le Garde-barrière Thiel, 1892), il évolue quelque peu vers une forme de réalisme mêlée de figures allégoriques porteuses d’un sens spirituel (Emmanuel Quint, le fou en Jésus-Christ, 1910). |
Plus modernes d’un point de vue formel, les récits d’Arthur Schnitzler délaissent l’action à proprement parler, pour mettre davantage l’accent sur l’évocation de ces événements intérieurs que sont les changements d’états d’âme des personnages. Il a recours, pour ce faire, à la technique du monologue intérieur. Dans des récits, écrits dans une langue sobre, élégante et classique, comme le Lieutenant Gustl (1901) ou Mademoiselle Else (1924), il dépeint l’apparente sérénité de la bourgeoisie viennoise pour mieux souligner, par contraste, le désarroi intime de ses personnages. L’écrivain autrichien Robert Musil, partant du constat scientifique de l’instabilité du monde et de l’impossibilité, pour l’homme, d’en avoir une perception et une compréhension claires, entières et définitives, remet en cause, sur le plan romanesque, la représentation d’une vérité univoque et stable. |
Dans son récit monumental et inachevé, l’Homme sans qualités (3 volumes, 1930-1952), qui se présente comme le reflet intellectuel et psychologique d’un monde déliquescent, il cherche à dévoiler « l’arrière-plan de l’existence » dans toute son instabilité. |
Hermann Broch, dans sa trilogie les Somnambules (1929-1932), donne lui aussi un tableau de la décadence des valeurs bourgeoises, qui se manifeste selon lui par la passivité des individus devant les changements politiques les plus inquiétants. Dans les ouvrages de Ricarda Huch (1864-1947), ce sont en revanche les événements historiques et les grands personnages de l’histoire qui se trouvent représentés en des fresques monumentales. L’autrichien Franz Werfel, s’il est aussi poète et dramaturge, rencontre le succès grâce à ses romans, tels que les Quarante Jours du Musa Dagh (1933) ou le Chant de Bernadette (1942), où il affirme son humanisme et sa foi. Expressionniste à ses débuts, le romancier Alfred Döblin utilise les techniques cinématographiques de multiplication des points de vue dans son roman Berlin Alexanderplatz (1929) ; grâce au procédé du monologue intérieur, il montre en particulier l’aliénation de son personnage principal, qui perçoit le monde comme une suite discontinue d’images et de discours. Le cinéaste Rainer Werner Fassbinder a adapté ce roman pour la télévision en 1980. "Littérature allemande" Encarta |
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Hermann Broch |