Révolution et démocratie au Burkina
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Carnet Photographique Afrique |
En août 1983, l’arrestation du Premier ministre Thomas Sankara déclenche l’intervention des parachutistes et ouvre une période d’exaltation révolutionnaire qui va marquer le pays. Nommé président du Conseil national de la révolution (CNR), après l’éviction de Ouedraogo, Thomas Sankara, que les pays occidentaux accusent d’être un allié du dirigeant libyen Kadhafi, met en place des comités de défense de la révolution et s’engage dans une politique économique nationaliste et progressiste. Des campagnes sont lancées contre la mendicité et la prostitution, pour le sport de masse et le port du « Faso Dan Fani », le costume national. Le 3 août 1984, jour du premier anniversaire du coup d’État, le pays est officiellement rebaptisé Burkina Faso. La révolution de Sankara modifie finalement peu la vie des populations rurales, majoritaires, mais Thomas Sankara est en grande partie demeuré, dans l’esprit des Burkinabés, une figure héroïque, représentant un idéal d’émancipation nationale et de progrès. |
Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est exécuté lors d’un putsch qui porte à la direction du pays le numéro deux du régime, le capitaine Blaise Compaoré. Celui-ci lance sans tarder une « campagne de rectification », visant notamment à réajuster la politique économique du pays. La poursuite de la crise économique, la pression de la rue et des syndicats comme des organisations financières internationales contribuent à imposer la démocratisation dès 1991. Cette année-là est signé un premier plan d’ajustement structurel avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, et adoptée par référendum une Constitution démocratique. Blaise Compaoré est confirmé à la présidence à l’issue d’un scrutin boycotté par l’opposition, dont certains membres sont la cible d’attentats. |
Après l’échec d’un Forum de réconciliation nationale, en février 1992, la vie politique demeure dominée par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti du président Compaoré, tandis que celui-ci s’emploie à consolider son pouvoir — en 1997, un amendement constitutionnel supprime la clause limitative du nombre de mandats présidentiels. Le président burkinabé joue par ailleurs un rôle diplomatique important sur la scène régionale. C’est sous son égide que sont menées, de septembre 1994 jusqu’en avril 1995, les négociations entre le gouvernement du Niger et les mouvements touareg rebelles de ce pays. Blaise Compaoré, qui a soutenu le mouvement armé libérien de Charles Taylor, intervient également dans les discussions concernant le conflit du Liberia. |
Alors qu’il peut s’appuyer sur la réussite du sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), réuni à Ouagadougou en 1998, et sur la santé relativement satisfaisante de l’économie, il est réélu avec 87,5 p. 100 des suffrages exprimés en novembre 1998 (pour un mandat de cinq ans). La participation est de 56 p. 100 après la campagne de boycott lancée par l’opposition. Le président Compaoré s’engage à promouvoir la paix sociale et la réconciliation nationale. En décembre 1998, le décès dans un accident de la route suspect du journaliste de l’Indépendant Norbert Zongo fait renaître envers le régime une hostilité latente, qui remonte aux conditions mêmes de son arrivée au pouvoir et à la mort de Thomas Sankara, dont le pays commémore le dixième anniversaire. L’affaire Zongo dépasse le cadre du Burkina et ternit considérablement la réélection du chef de l’État. En dépit de la contestation croissante dont fait l’objet le pouvoir de Blaise Compaoré, les élections législatives de mai 2002 se déroulent dans le calme. |
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Thomas Sankara |
Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) conserve de justesse la majorité absolue à l’Assemblée nationale, avec 57 sièges sur 111, face à une opposition désunie. Le Premier ministre Ernest Paramanga Yonli est reconduit à la tête d’un gouvernement qui ne comporte plus de membres de l’opposition. À partir du mois de septembre suivant, la crise qui éclate en Côte d’Ivoire voisine touche de plein fouet le Burkina, alors que trois millions de ressortissants burkinabés vivent dans ce pays et que Ouagadougou est accusé de soutenir la rébellion ivoirienne. Rapidement fermée, la frontière entre les deux pays n’est rouverte qu’en septembre 2003, avec des conséquences considérables sur les échanges et l’économie. Dès le mois d’octobre suivant, les autorités burkinabés dénoncent la tentative d’un coup d’État mené avec l’aide de la Côte d’Ivoire. Une dizaine de conjurés, qui nient les faits, sont arrêtés et jugés. En 2004, le Burkina accueille le 10e sommet de la francophonie. L’élection présidentielle de 2005, à laquelle participe pour la première fois depuis 1991 la quasi totalité de l’opposition avec onze candidats, voit la réélection de Blaise Compaoré dès le premier tour de scrutin avec 80,30 p. 100 des suffrages, alors que le taux de participation s’élève à 57,5 p. 100. "Burkina" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008 |
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