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La République de Weimar
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Un accord secret est signé entre Friedrich Ebert et l’état-major allemand pour lutter contre la menace bolchevique. L’insurrection spartakiste, déclenchée à Berlin en janvier 1919, est écrasée par le gouvernement républicain allié à l’armée. Après plusieurs jours de combats, l’ordre est rétabli dans le pays à l’issue d’une sanglante répression. Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés, le 15 janvier 1919. En février, une Assemblée nationale constituante se réunit à Weimar. Le 11 août, elle promulgue une nouvelle Constitution, établissant une république fédérale et une démocratie parlementaire. Le pouvoir législatif est partagé entre deux assemblées, le Reichstag et le Reichsrat. Friedrich Ebert est élu président de la nouvelle République (1919-1925).

La République de Weimar, gouvernée par une coalition du Parti social-démocrate et du Zentrum, est née de la défaite. Cette image négative devait persister et être abondamment exploitée par les milieux antirépublicains. Confrontée à la fois à l’hostilité de la droite antiparlementaire et nationaliste, et à celle des socialistes révolutionnaires, handicapée par une instabilité ministérielle chronique, la jeune république allemande doit faire face aux vives difficultés économiques de l’après-guerre.

En 1921, le gouvernement obtient un premier succès avec le refus du Sénat américain de ratifier le traité de Versailles. Un traité séparé est signé avec les États-Unis le 2 juillet 1921 (traité de Berlin), suivi en 1922 d’un accord sur les dettes allemandes. En 1922, le gouvernement rompt l’isolement de l’Allemagne grâce à la signature du traité de Rapallo avec l’URSS. L’armée allemande, la Wehrmacht, peut ainsi disposer de bases d’entraînement sur le territoire soviétique.

La crise de la Ruhr, en janvier 1923, aggrave la situation économique et politique. L’Allemagne ne pouvant satisfaire aux exigences des réparations de guerre, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en janvier 1923 et prennent le contrôle des mines de charbon. Le gouvernement de Wilhelm Cuno encourage les ouvriers à la résistance passive, mais il est contraint d’émettre d’énormes quantités de monnaie pour payer leurs salaires. Cette politique entraîne une inflation galopante. Celle-ci favorise l’investissement industriel, mais engloutit les revenus fixes (épargne, pensions, assurances), appauvrissant les milieux agricoles et ouvriers, les retraités, et ruinant la petite bourgeoisie. La concentration industrielle s’accélère. e contexte de crise, les mouvements politiques extrémistes mettent à profit le mécontentement social pour déstabiliser le régime.

Une insurrection communiste éclate à Hambourg. En Bavière, où l’agitation séparatiste est forte, Adolf Hitler, à la tête du Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP), créé en 1920, fomente, en novembre 1923, le putsch de Munich. La tentative de coup d’État échoue et Hitler est emprisonné.
Le traité de Versailles

La mise en œuvre du plan Dawes, en 1924, prolongé en 1929 par le plan Young, aide au redressement économique de l’Allemagne. Tandis que, sous la direction de Hjalmar Schacht, président de la nouvelle Banque centrale, est engagée une réforme monétaire rigoureuse, l’afflux de capitaux américains favorise la rationalisation de l’industrie. La progression du chômage, cependant, n’est pas enrayée.

Jouissant d’une paix et d’une prospérité relatives, l’Allemagne retrouve une place au sein de la communauté internationale, grâce à la politique de conciliation menée par Gustav Stresemann, ministre des Affaires étrangères de 1923 à 1929. Après les accords de Locarno, en 1925, elle est autorisée à entrer à la Société des Nations (SDN) en 1926.

Les années 1920 sont particulièrement fécondes sur le plan scientifique et culturel. Les physiciens et les chimistes allemands (Max Planck, Albert Einstein, Gustav Hertz, Werner Karl Heisenberg) obtiennent de nombreux prix Nobel. L’école du Bauhaus, créée par Walter Gropius en 1919, révolutionne l’architecture contemporaine. L’influence de l’expressionnisme, né avant la guerre, s’épanouit à travers le théâtre, avec Georg Kaiser, le cinéma, avec Fritz Lang et F. W. Murnau, ou encore la peinture avec Otto Dix. Ses représentants expriment une vision sévère de la société d’après-guerre. La critique se fait plus radicale encore dans le théâtre de Berthold Brecht, influencé par le marxisme.

Friedrich Ebert
Friedrich Ebert
D’autres, comme Thomas Mann, prix Nobel de littérature en 1929, ou le philosophe Oswald Spengler sont à la recherche d’une société nouvelle, que les théoriciens d’une révolution nationaliste s’efforcent de fonder sur une jeunesse virile et obéissante, représentative d’une prétendue supériorité de la race allemande. "Allemagne" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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