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La renaissance italienne dans le sud de l'Italie
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Malgré de brillantes et précoces réalisations, l’art renaissant ne supplante pas immédiatement les traditions médiévales dans l’art italien. Même à Rome, où l’héritage de la culture classique est très présent, le nouveau style renaissant est lent à s’imposer. Donatello et Brunelleschi ont certes séjourné à Rome au début du XVe siècle, mais essentiellement dans le but d’étudier l’art antique. Les commandes romaines les plus importantes de la première moitié du siècle sont confiées à des artistes de second plan, comme le sculpteur florentin le Filarète, qui crée les portes en bronze de la basilique Saint-Pierre en 1445.

 

À la fin du siècle, des Florentins plus éminents, tels que Sandro Botticelli et Domenico Ghirlandaio, sont invités à Rome pour décorer les murs de la chapelle Sixtine (Vatican). En même temps, les premiers palais renaissants sont construits à Rome, le plus connu étant le Palazzo della Cancelleria, dessiné par un architecte inconnu manifestement influencé par Alberti.

Dans le sud de l’Italie, les idées de la Renaissance sont encore moins rapidement adoptées. Néanmoins, vers le milieu du XVe siècle, Alphonse V le Magnanime ordonne la construction d’un remarquable arc classique avec de spectaculaires sculptures renaissantes à Castelnuovo, près de Naples. Antonello da Messina est sans doute le peintre méridional le plus remarquable. Il expérimente avec succès le nouveau médium de la peinture à l’huile, probablement après avoir étudié les peintures à l’huile flamandes à Naples. Il apporte cette nouvelle technique à Venise, où il séjourne entre 1475 et 1476, peignant un très beau Saint Jérôme dans son cabinet d’étude (v. 1475, The National Gallery, Londres), aux brillants effets de lumière et aux riches couleurs.

D’autres artistes italiens de l’époque expérimentent également la peinture à l’huile, dont le peintre ombrien Piero della Francesca. Cependant, ses œuvres les plus célèbres sont les fresques harmonieuses et sereines qui dépeignent l’Histoire de la vraie croix,exécutées dans les années 1450 en l’église San Francesco d’Arezzo (en Toscane).

Basé à Arezzo, Piero della Francesca voyage à Ferrare, à Urbino et à Rimini, où prospèrent de petites cours raffinées et férues de culture humaniste qui font un excellent accueil aux artistes renaissants. Par exemple, en 1450, à Rimini, le prince Sigismondo Malatesta demande à Alberti de construire une église (le Tempio Malatestiano), dont la façade est une adaptation de l’arc de triomphe romain. Ce classicisme monumental est encore plus flagrant dans les dernières œuvres d’Alberti, deux églises de Mantoue. La cité de Mantoue joue un rôle clé dans la diffusion de la Renaissance en Italie du Nord ; le principal peintre mantouan de l’époque est Andrea Mantegna, dont les œuvres, par leur réalisme sec et précis, soutiennent la comparaison avec les reliefs antiques romains (le Martyre de saint Sébastien, v. 1459, Kunsthistorisches Museum, Vienne).

Pisanello, médaille d'Alphonse V le Magnanime
Pisanello, médaille d'Alphonse V le Magnanime. Encarta

Beau-frère d’Andrea Mantegna, membre d’une famille d’artistes reconnus, le Vénitien Giovanni Bellini est sans doute le plus grand peintre d’Italie du Nord de cette période. Bien que certaines de ses premières compositions ne sont pas sans évoquer la manière de Mantegna, les tableaux de Giovanni Bellini ont des contours plus doux et des couleurs plus riches. Sous l’influence d’Antonello da Messina, Giovanni Bellini adopte la peinture à l’huile, et commence à produire vers 1475 des Sacre Conversazionioù les personnages sont placés dans un décor qui semble prolonger l’espace où évolue le spectateur. Ce type d’œuvre atteint son apogée dans la Sainte Conversation (1505, San Zaccaria, Venise), dont l’atmosphère brillante et chaleureuse annonce la magistrale utilisation de la couleur et de la lumière des peintres vénitiens ultérieurs. Cette œuvre de Bellini est un magnifique exemple de la manière dont les artistes non toscans adoptent avec enthousiasme les innovations de la Renaissance, tout en développant des styles propres. C’est en ce sens que le régionalisme est une caractéristique fondamentale de l’art renaissant italien.

"Art italien" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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Alberti (Leon Battista), Façade de la basilique Saint-André (Mantoue, Italie)
Alberti (Leon Battista), Façade de la basilique Saint-André (Mantoue, Italie). Encarta
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