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L'Estonie dans les années 1990


Les 3 présidents des Etats Baltes
Présidents des états baltes

Le Parlement estonien abolit la peine de mort en 1998, ce qui rapproche un peu plus le pays des conditions exigées pour adhérer à l’Union européenne. En 1997, au sommet de Luxembourg, l’Estonie a en effet été retenue parmi les six candidats « prioritaires » à l’entrée dans l’UE, et elle est le seul des trois États baltes dans ce cas. Aux élections législatives de mars 1999, la coalition de centre-droit, qui rassemble trois partis favorables à la poursuite des réformes, obtient la majorité absolue avec 53 sièges, et Mart Laar devient Premier ministre. Mais en septembre 2001, le candidat du gouvernement de centre-droit à la présidence de la République est battu par Arnold Rüütel, ancien communiste et principale figure de l’accession à l’indépendance en 1991. En outre, les dissensions au sein de la coalition au pouvoir, qui mène une politique ultra-libérale, au sujet notamment de l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN, conduisent à la démission du Premier ministre en janvier 2002. Il est remplacé par le ministre des Finances sortant, Siim Kallas, qui forme un gouvernement réunissant le Parti de la réforme et le Parti du centre. Sa priorité reste l’intégration de son pays à l’UE et à l’OTAN. Or, au sommet de Prague en novembre 2002, l’Estonie est invitée à engager des pourparlers d’adhésion à l’OTAN, à échéance 2004, et lors du Conseil européen de Copenhague de décembre 2002, elle fait partie des dix pays désignés pour rejoindre l’UE en 2004.

Lors des élections législatives de mars 2003, un nouveau parti fait une percée surprise sur la scène politique : Res Publica (centre-droit, 24,6 p. 100 des voix et 28 députés) fait jeu égal avec le Parti du centre (25,4 p. 100 des voix et 28 députés), devant le Parti de la réforme (17,7 p. 100 des voix et 19 députés) et l’Union du peuple estonien (13 p. 100 des voix et 13 députés). Un gouvernement de coalition de centre-droit est formé par le leader de Res Publica, Juhan Parts, avec le Parti de la réforme et l’Union populaire. Mais l’instabilité gouvernementale, à l’œuvre depuis l’indépendance en 1991, perdure (le pays a connu douze gouvernements depuis cette date, aucun n’étant parvenu au terme de la législature), motivée par des désaccords internes.

Juhan Parts présente sa démission en mars 2005 à la suite du vote d’une motion de censure contre le ministre de la Justice, auteur d’un projet de lutte contre la corruption controversé. Andrus Ansip (Parti de la réforme) lui succède.

Il dirige un gouvernement de coalition avec le Parti du centre et l’Union du peuple. À la suite des trois échecs successifs du Parlement estonien pour élire le président de la République, faute de majorité, Toomas Hendrik Ilves (Parti social-démocrate) est élu à la magistrature suprême par le Collège électoral en septembre 2006, face au président sortant Arnold Rüütel. Ancien ministre des Affaires étrangères (1996-1998 et 1999-2002) et député européen, âgé de 52 ans, il a passé la majeure partie de sa vie hors d’Estonie, aux États-Unis notamment.

Les élections de mars 2007


Les élections de mars 2007 sont placées sous le signe de la continuité, puisqu’elles sont remportées par le Parti de la réforme du Premier ministre sortant Andrus Ansip qui recueille 27,8 p. 100 des suffrages (+ 10 points par rapport à 2003, 31 sièges) suivi par son partenaire au gouvernement, le Parti du centre (26,1 p. 100 des suffrages et 29 députés). L’opposition incarnée par l’Union pour la patrie — Res publica est en net recul (17,9 p. 100 des suffrages, soit – 14 points, et 16 sièges). Dans un pays leader pour le vote électronique, mais où la participation électorale est traditionnellement faible, ce scrutin marque la première élection législative mondiale où le vote peut se faire par Internet. Au printemps 2007, l’Estonie connaît une vive tension – deux nuits d’émeute opposent la minorité russophone aux forces de l’ordre – à la suite de la décision des autorités de déplacer la statue en bronze d’un soldat soviétique, monument de l’Armée rouge situé au centre de Tallinn. "Estonie" " Ecrit par et Encarta

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