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La présidence de Sam Nujoma (1990-2004) en Namibie
Carnet Photographique Namibie

Les premières années qui suivent l’indépendance sont marquées par la volonté de mettre en œuvre la réconciliation nationale en promouvant les valeurs démocratiques et libérales. Le gouvernement entreprend une politique de discrimination positive progressive en faveur de la majorité noire et une réforme agraire à partir de 1991 (consistant à corriger l’inégale distribution des terres agricoles entre fermiers blancs et paysans noirs) qui privilégie la concertation et le principe « vendeur-acheteur consentants ». Au niveau régional, la nouvelle république tente de tisser des liens harmonieux avec ses voisins, même si le manque d’eau, qui est l’un des problèmes majeurs de la Namibie, est à l’origine de tensions.

Ainsi, alors que la sécheresse a modifié la répartition des îles et des marécages dans la région de l’Okavango, la Namibie entre en conflit avec le Botswana au sujet d’une île inhabitée, l’île Kasikili, située sur la rivière Linyati à la frontière des deux pays — en 1999, la Cour internationale de justice rend un arbitrage en faveur du Botswana. En 1996, l’annonce d’un projet de détournement des eaux de l’Okavango déclenche de vives réactions, notamment de la part du Botswana — ce projet est par la suite écarté. Les relations avec l’Afrique du Sud se normalisent en 1994 avec la réintégration de l’enclave de Walvis Bay. L’image de stabilité de la Namibie est toutefois écornée en 1999 lors d’un soulèvement sécessionniste mené dans la bande de Caprivi (dans le nord-est du pays, entre l’Angola, la Zambie et le Botswana), et la répression qui s’ensuit.

À partir de 1998, la Namibie intervient dans le jeu d’alliances régionales qui se met en place autour de la République démocratique du Congo (RDC) ; jusqu’en 2001, un corps expéditionnaire namibien soutient le gouvernement de la RDC, aux côtés de l’Angola et du Zimbabwe. La Namibie, qui reste une alliée privilégiée de l’Angola, soutient également ce pays dans sa lutte contre le mouvement rebelle de l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (l’UNITA, dirigée par Jonas Savimbi), qui réplique en frappant sa prospère industrie touristique (assassinat de trois Français en janvier 2000).

Malgré les protestations de l’opposition et d’une partie de la SWAPO — une nouvelle génération d’hommes politiques est impatiente d’accéder aux responsabilités —, le président Nujoma fait voter une réforme constitutionnelle qui lui permet de briguer avec succès un troisième mandat en décembre 1999 (77 p. 100 des suffrages exprimés).

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Le président Sam Nujoma
Le président Sam Nujoma. Encarta
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