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Le premier mandat présidentiel d’Ange-Félix Patassé (1993-1999) en Centrafrique
Carnet Photographique République centrafricaine

En 1993, Ange-Félix Patassé, ancien Premier ministre de Bokassa passé dans l’opposition, est élu à la présidence de la République centrafricaine à l’issue d’un scrutin démocratique — avec 53,48 p. 100 des suffrages, il bat Abel Goumba, leader du Front patriotique pour le progrès (FPP) et candidat d’une coalition de l’opposition, la Concertation des forces démocratiques (CFD).

Alors que la crise économique et sociale s’accentue et que les salaires de la fonction publique ne sont pas payés, des mutineries éclatent en avril et mai 1996 au sein de l’armée. Au-delà du seul paiement des soldes, les revendications des rebelles touchent directement les assises traditionnelles du pouvoir, notamment la garde spéciale affectée à la sécurité du président — les mutins exigent aussi le limogeage du colonel François Ndjeder, commandant de la garde présidentielle — que chacun des chefs de l’État s’emploie, dès son accession au pouvoir, à changer au profit de son seul groupe ethnique (Mbanda pour Bokassa, Yakoma pour Kolingba, Sara pour Patassé). Craignant un coup d’État, la France, dont une des principales bases en Afrique est située sur le territoire centrafricain, intervient militairement pour soutenir le président Patassé.

En janvier 1997, les accords de Bangui aboutissent à la formation d’un nouveau gouvernement et à la mise en place d’une force africaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB) ; celle-ci est remplacée par une mission des Nations unies en République centrafricaine (Minurca) en avril 1998, destinée, notamment, à sécuriser Bangui alors que la situation est loin d’être pacifiée.

Organisé sous la surveillance de l’ONU, le scrutin législatif de décembre 1998, remporté sur le fil par le MLPC et ses alliés, donne lieu à de vives protestations au sein de l’opposition. Nommé Premier ministre par le président Patassé, Anicet-Georges Dologuélé compose un Gouvernement d’action pour la promotion de la démocratie (GAPD) ; dans un contexte marqué par l’ethnicisation de l’armée et de la vie politique, l’origine ethnique de chacun des membres du GAPD est rendue publique afin de montrer que celui-ci représente un large éventail du pays.

Lors de l’élection présidentielle du 19 septembre 1999, Ange-Félix Patassé est réélu dès le premier tour avec 52,63 p. 100 des voix, contre 19 p. 100 pour son principal opposant, le général André Kolingba. L’ensemble des forces d’opposition conteste la réélection d’Ange-Félix Patassé et critique le régime.

Patassé en Centrafrique
Patassé en Centrafrique. Encarta
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