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Histoire du Soudan : le régime du général Bachir
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Après une période de transition, la démocratie est rétablie ; Sadek al-Mahdi, arrière-petit-fils du Mahdi et chef de file du parti Oumma, est élu Premier ministre en 1986, lors des premières élections libres organisées dans le pays depuis dix-huit ans. Il intensifie l’offensive contre les Sudistes, mais la crise sociale provoquée par la hausse de la dette publique, les ravages d’une famine due à la guerre et à des crues extraordinaires du Nil affaiblissent le nouveau gouvernement.

En juin 1989, l’armée reprend le pouvoir, sous la direction du général Omar al-Bachir, qui épouse l’orientation idéologique islamiste d’un juriste formé en Occident, Hassan al-Tourabi. Les institutions démocratiques sont suspendues, la charia appliquée avec une nouvelle rigueur. Après l’échec des négociations avec l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), la guerre s’intensifie. La chute, en Éthiopie, du régime de Mengistu, en 1991, prive l’APLS de l’une de ses bases de repli, mais la conclusion d’un cessez-le-feu n’intervient qu’en 1995, sous l’égide de l’ancien président américain Jimmy Carter.

Les nouveaux régimes d’Éthiopie et d’Érythrée apportent désormais leur soutien à la guérilla, ainsi qu’aux opposants musulmans traditionnels. En mai 1998, le droit à l’autodétermination des peuples du Sud soudanais est reconnu, mais non suivi d’effet. Aidé uniquement par les organisations non gouvernementales, le Sud soudanais reste dévasté par une guerre qui entraîne famine sur famine et qui ne semble pas devoir se terminer tant que le régime en place refusera de prendre en compte les revendications des non-musulmans, qui refusent l’application de la loi islamique et revendiquent une certaine autonomie. Par ailleurs, en mai 1999, le régime cherche à se réconcilier avec l’opposition nordiste en exil : Djafar al-Nemeiri rentre à Khartoum ; Hassan al-Tourabi rencontre Sadek al-Mahdi du parti de l’Oumma.

Sur le plan international, le régime soudanais est de plus en plus isolé. En 1990, son refus de condamner l’invasion irakienne du Koweït entraîne une dégradation de ses relations avec les pays du Golfe. En 1993, les États-Unis, après plusieurs mois d’enquête, inscrivent le Soudan sur la liste des États soutenant le terrorisme. Dénoncé par les organisations non gouvernementales pour les graves atteintes aux droits de l’homme, notamment dans le Sud (offensives meurtrières, utilisation de la famine comme arme, exode massif des populations), le pouvoir se trouve isolé sur la scène internationale. Il n’en est pas de même sur le plan économique, avec la mise en exploitation des gisements pétroliers du Sud, dont le contrôle est une des causes de la guerre. En 1999, les 130 000 barils de pétrole brut acheminés quotidiennement jusqu’au terminal de Port-Soudan, sur la mer Rouge, par un oléoduc de 1500 km semblent contribuer à recréer l’union entre les populations du Sud, que le pouvoir central avait réussi à diviser. "Soudan" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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Hassan Tourabi
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