Turquie - Carnet Photographique


Histoire de la Turquie - déclin de l'empire Ottoman

Carnet photographique : Turquie
4/12/16

La Turquie et son histoire

Le déclin de l’Empire ottoman débute à la fin du règne de Soliman II et se poursuit jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Les agressions extérieures et les carences intérieures, tant au niveau économique qu’au niveau politique, en sont la cause. La stagnation puis le recul de la domination ottomane entraînent la mainmise des puissances étrangères sur la politique de l’empire.


Déclin de l'empire ottoman

Les réactions officielles face à ce déclin se manifestent en diverses étapes : une réforme traditionnelle (1566-1807), période pendant laquelle on tente de rétablir les anciennes institutions, et une réforme moderne (1807-1918), pendant laquelle les anciennes méthodes sont abandonnées au profit de nouvelles, importées d’Occident.

À la mort de Soliman II, la situation intérieure de l’empire commence à se dégrader. Jusqu’au milieu du xvie siècle, les sultans contrôlent et utilisent la vieille aristocratie turque et les chrétiens devshirmes convertis, ainsi que leurs descendants, en maintenant soigneusement les divisions entre ces deux groupes.

Sous le règne de Soliman cependant, le devshirme obtient le contrôle de la classe dirigeante, chasse l’aristocratie du pouvoir, puis commence d’exploiter l’État pour ses propres intérêts.
Tombeau en Turquie

Dans le même temps, l’Empire souffre de surpopulation, résultat de la paix et de la sécurité qui ont été établies. Le taux de natalité extrêmement fort entraîne un chômage à la fois urbain et rural dû à la faible disponibilité de terres et aux politiques économiques très restrictives imposées par les guildes urbaines. Sans travail, les masses constituent des bandes de pillards qui infestent les villes et les villages. L’incompétence, la malhonnêteté et l’inefficacité du gouvernement ont pour conséquence la fin des cultures des terres, et l’Empire souffre de famines et de maladies endémiques, si bien que des districts entiers, quelquefois des provinces, tombent aux mains de notables provinciaux. Les vizirs changent trop fréquemment, les sultanes mères du Harem fomentent des complots de palais, désireuses

Tombeau en Turquie. Photo. Emmanuel BUCHOT
d’intervenir dans la politique, et les militaires se révoltent.


La poursuite du déclin

Monument religieux de Turquie

Pendant ce temps, l’Europe développe des nations-États beaucoup plus puissantes que celles qui ont dû faire face à l’Empire ottoman au cours des siècles précédents. La réaction ottomane face au déclin est modérée pour plusieurs raisons : tout d’abord, l’Europe est tellement occupée par ses propres problèmes que pendant un siècle elle n’est pas au courant de la situation ottomane et ne fait aucun effort pour tenter d’en tirer profit. Ensuite, la plupart des membres de la classe dirigeante profitent du chaos ambiant pour leur bénéfice personnel. Enfin, les Ottomans, dans leur isolement, ignorent tout des changements qui ont rendu l’Europe beaucoup plus puissante et pensent que le monde islamique est beaucoup plus en avance que l’Europe chrétienne. Dans ces conditions, la classe dirigeante ne voit pas le besoin de changements ni de réformes. Après un certain temps cependant, l’Europe commence à se rendre compte de la détérioration interne ottomane et en profite. En 1571, la flotte de la Sainte Ligue, conduite par don Juan d’Autriche, avance vers l’est de la Méditerranée et détruit la flotte ottomane lors de la bataille de Lépante. Cette victoire est contrée par la construction d’une flotte entièrement neuve qui permet aux Ottomans de reprendre le contrôle de la Méditerranée pendant plus de cinquante ans. Cependant, l’idée selon laquelle les Ottomans ne sont pas invincibles commence de se répandre en Europe. Une guerre contre l’Autriche s’ensuit (1593-1606), à l’issue de laquelle le sultan est forcé de reconnaître l’empereur comme son égal et d’abandonner l’imposition des paiements annuels d’un tribut autrichien, ce qui ouvre encore davantage les yeux de l’Europe sur le déclin ottoman.

Monument religieux. Photo Emmanuel BUCHOT

Abd al Hamid

Ce n’est que lorsque les attaques étrangères puissantes menacent l’Empire, dont dépendent ses privilèges et sa richesse, que les dirigeants turcs acceptent certaines réformes. En 1623, le Shah Abbas Ier d’Iran conquiert Bagdad et l’est de l’Irak, activant une série de révoltes turques dans l’est de l’Anatolie. La réaction du sultan Murat IV est de rétablir le conservatisme et l’efficacité dans les rangs de la classe dirigeante et dans l’armée. En exécutant impitoyablement des centaines de personnes coupables de violations de la loi et de la tradition islamique, il commence ce qu’on a appelé les Réformes traditionnelles, qui permettent à l’armée ottomane d’expulser les Iraniens hors d’Irak et de conquérir le Caucase (1638). Le successeur de Murat, cependant, laisse le déclin se réinstaller. Une guerre contre Venise, dont l’apogée est l’attaque de la flotte vénitienne sur les Dardanelles, précipite l’ascension de la dynastie des

Abd al Hamid. Photo E. Buchot
grands vizirs Köprülü, qui mettent en œuvre les mêmes méthodes que Murat IV, pour redonner à l’Empire un éclat momentané. Stimulé par ses bons résultats, le dernier grand vizir Köprülü, Mustafa II, tente de conquérir à nouveau Vienne en 1683. Mais après un siège de courte durée, l’armée ottomane s’effondre complètement, permettant ainsi à la nouvelle Sainte Ligue européenne de conquérir des régions entières de l’Empire. La Hongrie et la Transylvanie reviennent aux Habsbourg d’Autriche, la Dalmatie et le Péloponnèse ainsi que d’importantes îles de la mer Égée reviennent à Venise, la Podolie et le sud de l’Ukraine à la Pologne, et enfin Azov et les territoires au nord de la mer Noire reviennent à la Russie. Toutes ces pertes sont confirmées par le traité de Karlowitz (1699), premier traité défavorable signé par le sultan. © . Pour rédiger cet article je me suis appuyé sur Encarta,
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