Les français au Burkina Faso
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Carnet Photographique Afrique |
Au xixe siècle, le pays doit de nouveau faire face aux tentatives des talibés (disciples) d’El-Hadj Omar, des Bambara de Ségou, des Peul du Macina. Ces derniers islamisent, vers 1810, l’Est voltaïque. En 1895, Samory Touré tente de se constituer un État dans la savane. Les Français, qui craignent d’être pris de vitesse par les Britanniques dans la région, profitent des craintes soulevées par cette tentative de conquête chez les souverains locaux pour établir un protectorat sur le royaume mossi de Ouagadougou, en 1896, tandis que les autres royaumes mossi, affaiblis par des querelles dynastiques, sont également placés sous leur domination. De 1904 à 1919, ces nouveaux territoires de l’Empire colonial français sont rattachés à la colonie du Haut-Sénégal-Niger, intégrée à l’Afrique-Occidentale française. En 1916 se développent d’importants mouvements de résistance à la conscription. Les Mossi constituent l’essentiel des bataillons de « tirailleurs sénégalais » qui combattent aux côtés des troupes alliées durant la Première Guerre mondiale. Ils sont appelés ainsi parce qu’ils embarquent pour le continent européen à Dakar. Encarta |
En 1919 est créée la colonie de Haute-Volta. En 1932, un an après qu’une grande famine a ravagé le pays, la Haute-Volta est démembrée sous la pression des colons européens de Côte d’Ivoire, du Soudan français (actuel Mali) et du Niger. Elle constitue en effet un important réservoir de main-d’œuvre pour les plantations et la construction du chemin de fer Ouagadougou-Abidjan. Le centre et le sud de la Haute-Volta sont annexés à la colonie de Côte d’Ivoire, le nord intégré au Soudan français et l’est au Niger. Le travail forcé, l’impôt (et la répression des soulèvements) ont déjà profondément marqué les consciences ; ils sont encore renforcés. Le pays, dont beaucoup d’habitants ont combattu pour la France libre sur les champs de bataille européens de la Seconde Guerre mondiale, retrouve son unité en 1947. |
En 1958, la Haute-Volta devient une république autonome au sein de la Communauté française, sous la direction de Maurice Yaméogo, chef de l’Union démocratique voltaïque. En 1959, elle adhère au Conseil de l’Entente, organisation qui regroupe les pays francophones de la région, Côte d’Ivoire, Niger, Dahomey (actuel Bénin) et Togo. Le pays accède à l’indépendance le 5 août 1960. Yaméogo, demeuré président de la République, instaure un régime de parti unique, appuyé sur l’Union démocratique voltaïque. En janvier 1966, les mesures d’austérité prises par le gouvernement provoquent un soulèvement populaire encadré par les syndicats et les partis progressistes. Le président Yaméogo est contraint de laisser le pouvoir au chef d’état-major, le colonel Sangoulé Lamizana, qui bénéficie de la confiance de la population. |
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Maurice Yameogo |
Celui-ci prend la tête du Conseil supérieur des forces armées et élabore un nouveau plan de remise en ordre de l’économie. En 1970, il promulgue une Constitution instaurant l’élection du président au suffrage universel pour quatre ans et garantissant le multipartisme. Une dizaine de partis politiques participent aux élections législatives de 1971. Mais, alors qu’un conflit frontalier oppose la Haute-Volta et le Mali sur la bande d’Agacher, riche en minerais, l’armée reprend le pouvoir en 1974, annonçant le retour au régime de parti unique. |
Une première grève générale, en décembre 1975, marque l’émergence d’une contestation populaire entretenue par les syndicats, jusqu’à la chute du gouvernement militaire en 1977. Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum, restaure le multipartisme, limité cependant aux trois principaux partis. En 1978, le général Sangoulé Lamizana est élu président de la République à l’issue d’une élection pluraliste mais marquée par une très forte abstention. En 1980, le blocage des salaires et l’augmentation du prix des denrées de base (riz, sucre, sorgho, mil) suscitent une nouvelle vague de mécontentement, entraînant un coup d’État militaire, qui porte au pouvoir le colonel Saye Zerbo. Bénéficiant d’abord du soutien de la population, il suspend les institutions et instaure un Comité militaire de redressement pour le progrès national. Deux ans plus tard, alors que la situation économique s’est dégradée davantage, de jeunes officiers renversent Zerbo, à la faveur d’un mouvement de grève. Le nouveau gouvernement militaire est dirigé par le capitaine Thomas Sankara, tandis que le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouedraogo s’empare de la présidence du pays. "Burkina" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008 |
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