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La régence de Louis XIII


Louis XIII
Louis XIII

À la mort de Henri IV, son épouse Marie de Médicis assure la régence pour son fils Louis XIII, alors âgé de 9 ans. Elle place toute sa confiance en Concino Concini et Leonora Galigaï, deux intrigants originaires comme elle de Florence. Les « grands », dont l’autorité a été mise à mal durant le règne de Henri IV, imposent la convocation des états généraux, dont ils espèrent tirer profit pour réaffirmer leurs prérogatives. La réunion, qui se tient d’octobre 1614 à mars 1615 (la dernière avant 1789), met en évidence les conflits d’intérêts entre les trois ordres sans pour autant apporter de réponse aux attentes des uns et des autres. Lorsque Concini est assassiné en 1617, la situation est devenue critique ; les caisses de l’État sont vides, les grands se révoltent de nouveau, et les protestants se soulèvent dans le sud du pays. L’arrivée au pouvoir du favori du roi, le duc de Luynes, n’améliore en rien les affaires.

Le cardinal de Richelieu


En 1624, Louis XIII fait entrer au Conseil le cardinal de Richelieu qui ne tarde pas à y occuper une place prépondérante, pour devenir le véritable gestionnaire du pays. Son programme tient en deux points : éliminer les velléités de contestation du pouvoir royal et contenir les menaces extérieures.

Les privilèges dont jouissent les protestants apparaissent à Richelieu comme une négation du pouvoir royal. Révoltés en plusieurs points du royaume, ils en sont venus à constituer, aux yeux du cardinal, une réelle menace.

Richelieu fait assiéger La Rochelle (1627-1628) puis porte la guerre dans les Cévennes. Les protestants demandent la paix. En 1629, le roi leur accorde l’édit d’Alès, qui revient sur les privilèges de l’édit de Nantes mais réaffirme la liberté de culte.

En même temps, dans un climat d’hostilité générale — cristallisée autour de Gaston d’Orléans (frère du roi et héritier présomptif jusqu’à la naissance de Louis XIV en 1638), de Marie de Médicis, la reine mère, et d’Anne d’Autriche, la reine d’origine espagnole, qui lui reproche la politique qu’il mène envers son pays — le cardinal s’attache à réduire la puissance politique des grands.

Il n’hésite pas à faire exécuter certains d’entre eux : le comte de Bouneville pour entrave à l’édit d’interdiction des duels (1626) ; le duc de Montmorency, cousin de Louis XIII et gouverneur du Languedoc, qui s’est révolté (1632) ; Cinq-Mars, le favori du roi, qui a participé à un complot (1642). Pour miner l’autorité des grands sur leurs propres terres et s’assurer de l’exécution fidèle de la politique royale dans les provinces, il divise le royaume en trente nouveaux districts administratifs (les généralités), placés sous la direction d’un intendant, officier royal issu de la bourgeoisie. Progressivement, les intendants acquièrent d’énormes pouvoirs en matière de police, de justice et de finances, et rétablissent partout l’autorité du souverain.

Richelieu encourage le développement d’une flotte marchande, accorde des chartes aux compagnies pour le commerce extérieur et favorise l’expansion coloniale de la France. Une colonisation systématique est entreprise au Canada français (la Nouvelle-France, aujourd’hui province du Québec) et les premiers postes commerciaux sont établis en Afrique et aux Indes occidentales. Pour protéger le commerce et les colonies, il crée la marine française, instituant une flotte de galères en Méditerranée et une flotte de quarante voiliers sur l’Atlantique. Mais l’inflation, l’augmentation des impôts — qui doivent soutenir l’effort de guerre au cours de la guerre de Trente Ans —, les disettes et les épidémies plongent toute une partie de la population dans une profonde misère. Des révoltes paysannes éclatent en Bourgogne en 1625-1630, dans le Sud en 1637-1641 (Croquants du Limousin), en Normandie en 1639. Toutes sont sévèrement réprimées.

Opposés au couronnement d’un protestant, les membres du parti catholique veulent empêcher son accession au trône en tentant de renverser Henri III, qui n’a pas d’enfant, au profit de Henri de Guise, chef de la Ligue catholique. Averti du complot, le roi convoque Henri de Guise à Blois en 1588 et le fait assassiner. L’année suivante, Henri III, dernier représentant de la dynastie des Valois, tombe lui-même sous les coups d’un moine fanatique, Jacques Clément.

La politique étrangère


Lorsque Richelieu accède au pouvoir en 1624, la guerre de Trente Ans ravage l’Europe depuis 1618. En 1635, quand il devient évident que l’empereur Ferdinand II de Habsbourg cherche à placer les princes protestants allemands sous son autorité, Richelieu fait entrer la France dans la guerre aux côtés de la Suède et des Pays-Bas protestants, et contre les Habsbourg catholiques. Conclus en 1648, six ans après la mort de Richelieu, les traités de paix de Westphalie qui mettent fin au conflit apportent une grande partie de l’Alsace à la couronne française. À la suite de la paix avec l’Espagne (traité des Pyrénées, 1659), la France acquiert l’Artois et le Roussillon. Les ambitions des Habsbourg ont été contrariées et la France sort de la guerre comme le grand vainqueur, imposant son hégémonie sur l’Europe continentale. © "France" . Sources Encarta

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