La littérature allemande : période du moyen haut allemand
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Carnet Photographique Allemagne |
Alors que, pendant toute la période du moyen haut allemand, la prose et le théâtre sont réservés à des œuvres religieuses didactiques, la poésie se développe comme moyen d’expression séculier, et les formes épique, lyrique et satirique apparaissent, exaltant les vertus de la chevalerie et de l’amour courtois. Les Spielleute, ou ménestrels errants, divertissent leur audience avec des récits d’aventures parfois inspirés par les épreuves qu’affrontent les hommes de guerre au retour des croisades. La notion d’empire occupe une place dominante dans le Rolandslied d’un certain Konrad, adaptation fort libre de l’ancienne épopée héroïque française, la Chanson de Roland. Parmi les poèmes épiques de l’époque, le Roi Rother (v. 1150-1160), qui a pour arrière-plan le monde des croisades, représente une des œuvres les plus importantes. |
Essor de l'épopée sous l'influence française |
Les années 1170-1270, correspondant aux règnes de Frédéric Ier Barberousse et de son petit-fils Frédéric II (de la maison de Hohenstaufen), marquent un premier sommet de la littérature allemande grâce, entre autres, à des influences venues de France. |
Les caractéristiques de la production littéraire de cette époque sont le recul des œuvres religieuses, la vogue de l’épopée et de la poésie lyrique, l’importance accordée aux questions formelles et l’unification de la langue poétique à partir des parlers de l’Allemagne du Sud, où se concentre alors la vie culturelle. Cette mutation correspond à l’épanouissement d’un idéal, celui de la chevalerie. Le récit courtois atteint son apogée avec les œuvres de Hartmann von Aue, le premier des grands classiques du genre, qui introduit dans son pays les romans de la Table ronde et du roi Arthur (voir cycle arthurien), ainsi que dans les œuvres de Gottfried de Strasbourg, de Wolfram von Eschenbach et de Heinrich von Veldeke. |
Bien que les ouvrages d’écrivains français comme Chrétien de Troyes, entre autres, aient servi de modèle aux poèmes épiques d’Allemagne, les écrivains de ce pays expriment leurs propres idéaux, créent leur forme et leur style propres, ajoutant très souvent à leurs récits une certaine profondeur. Les deux principaux monuments de l’épopée héroïque allemande sont la Chanson des Nibelungen et Kudrun, composés au début du XIIIe siècle par un auteur inconnu. Il existe également une variante de l’épopée |
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Heinrich der Glichezaere. Source : www.sprachcaffe.com |
chevaleresque : le poème épique dont le personnage central est un animal. Reineke Fuchs (v. 1180), de l’Alsacien Heinrich der Glichezaere, inspiré du Roman de Renart, en est le plus bel exemple ; il servira à son tour de modèle au Reineke Fuchs (1794) de Goethe. |
Poésie lyrique |
La poésie lyrique et didactique se développe sous la forme du minnesang, poème d’amour courtois que composent les poètes lyriques appelés minnesänger. Le grand maître de ce type de poésie est Walther von der Vogelweide. Ses œuvres, qui comprennent des chants d’amour, des poèmes religieux lyriques et des épigrammes, expriment un idéalisme individuel et politique, et revendiquent une certaine indépendance face à l’autorité papale. Dans ses Mädchenlieder, on décèle par ailleurs l’influence des « Vagants », ces jeunes chanteurs itinérants qui célèbrent volontiers les « trois W » : Wein (le vin), Weib (la femme) et Würfel (les dés, par métonymie le jeu). En témoigne notamment le recueil Carmina Burana qui, en 1937, sert de référence au compositeur Carl Orff pour son oratorio éponyme. "Littérature allemande" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |