Carnet Photographique : le Canada
Le Liban et le proche Orient
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Le Liban, dont deux bataillons de l’armée ont pris part à la première guerre israélo-palestinienne (1948-1949), s’en tient à une solidarité diplomatique avec les États arabes durant la guerre des Six-Jours, en 1967, ce qui le place dans une situation marginale par rapport aux autres États arabes. Ce conflit, pourtant, va avoir de profondes répercussions dans le pays.

 

L’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza provoque un nouvel afflux de réfugiés palestiniens dont le nombre augmente encore après la répression, par l’armée jordanienne, des résistants palestiniens en septembre 1970.

En 1949, environ 140 000 Palestiniens se sont réfugiés dans le sud du Liban ; à l’été 1971, ils sont estimés entre 250 000 et 500 000. Or, le 3 novembre 1969, à la suite d’affrontements entre Palestiniens et armée libanaise, le gouvernement libanais, par les accords du Caire, reconnaît le droit de cité aux fedayin (« combattants ») de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ainsi que leur extraterritorialité. Ceux-ci trouvent refuge sur le territoire libanais à partir duquel ils multiplient les attaques contre Israël qui, à son tour, mène des représailles au-delà de la frontière.

La présence des réfugiés palestiniens sur le sol libanais et la lutte entre l’OLP et Israël est au cœur des débats politiques. Deux tendances se dégagent : d’un côté, les libanistes qui souhaitent la fin des combats menés par les fedayin — leur tendance se regroupe parmi les

milices des Kataëb ou Phalanges libanaises —, de l’autre côté, les arabistes qui soutiennent les Palestiniens et constituent, en 1972, le Front arabe de participation à la résistance.

En août 1970, Soleiman Frangié est élu président de la République. Cette période est marquée par l’émergence de mouvements intellectuels de gauche qui soutiennent la résistance palestinienne et prônent la laïcisation du régime par la fin de l’organisation confessionnelle du système politique. Les années 1970 se caractérisent également par une crise économique et sociale. La contestation de la population s’exacerbe à travers des mouvements de grève et des manifestations.

La défaite arabe de 1967 a été celle du nationalisme nassérien. Le projet islamiste d’unification du monde musulman s’en trouve conforté ; il peut se substituer à celui du dirigeant égyptien. Les groupes islamistes radicaux montrent dès lors leur force au grand jour. La guerre du Kippour, en 1973, ne fait que confirmer cette évolution. Au cours de ce conflit, le Liban soutient l’Égypte et la Syrie.

Soleiman Frangié
Soleiman Frangié
Les mouvements palestiniens, chiites et druzes constituent progressivement un front objectif contre l’hégémonie politique et économique des chrétiens, et, dans une moindre mesure, des sunnites. Les accrochages se multiplient avec les Kataëb, les Phalanges armées maronites fondées en 1936 par Pierre Gemayel. "Liban" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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