Le Canada dans la crise


Canada

En février 1993, alors que le Canada s’enlise dans la récession et la discorde, Brian Mulroney annonce sa démission. Kim Campbell le remplace à la tête du parti en juin, devenant la première femme Premier ministre du Canada. Quatre mois plus tard, cependant, les progressistes conservateurs accusent une défaite cuisante aux élections d’octobre. Le Parti libéral l’emporte et son leader, Jean Chrétien, devient Premier ministre. Le Bloc québécois de l’indépendantiste Lucien Bouchard arrive en deuxième position.

Kim Campbell
Kim Campbell

Sur le plan intérieur, le gouvernement de Jean Chrétien s’attelle à l’assainissement des finances publiques, alors que le budget fédéral est déficitaire depuis 1973. En politique étrangère, il ambitionne de donner au Canada un rôle à sa mesure sur la scène internationale et de contrebalancer le poids des États-Unis et de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena). Toutefois, le Premier ministre canadien doit surtout et d’abord faire face à la montée des aspirations indépendantistes au Québec, que cristallisent les succès électoraux du Bloc québécois au niveau fédéral.

Lors du scrutin législatif de septembre 1994 au Québec, le Parti québécois (PQ) de Jacques Parizeau obtient une majorité de sièges. Conformément à ses engagements électoraux, le nouveau Premier ministre du Québec organise un référendum sur l’accession du Québec à la souveraineté. La campagne pour le « oui » est surtout animée par le charismatique Lucien Bouchard. Le projet des souverainistes est d’affirmer, dans le cadre d’un État québécois, une identité culturelle propre, avec la langue française pour vecteur. Le Québec serait compétent pour voter des lois, lever des impôts, signer des traités. Mais le dollar canadien resterait la monnaie unique, et des institutions communes seraient mises en place pour les questions de défense et de commerce international.

Le référendum sur la souveraineté du Québec a lieu à l’automne 1995. Recueillant 50,6 p. 100 des suffrages, le « non » l’emporte par une très faible majorité qui frappe d’étonnement le gouvernement fédéral et le reste du Canada. Ce résultat est dû au soutien quasi unanime des anglophones et des allophones qui, ensemble, forment presque 20 p. 100 de la population du Québec. Environ 60 p. 100 des francophones ont en revanche répondu « oui », proportion sensiblement plus élevée que celle observée lors du référendum de 1980. L’échec des indépendantistes provoque non seulement la démission de Jacques Parizeau (auquel succède Lucien Bouchard) mais accentue aussi les clivages entre francophones et anglophones.

La question de la souveraineté québécoise et les antagonismes régionaux dans le reste du Canada jouent un rôle déterminant dans le résultat des élections fédérales anticipées de juin 1997, qui ne donnent qu’une étroite majorité au Parti libéral de Jean Chrétien. Parmi les partis d’opposition, le Bloc québécois perd 10 sièges sur les 54 qu’il détient, tandis que le Parti réformiste, né en Alberta et opposé aux revendications québécoises ainsi qu’au bilinguisme institutionnel, obtient 60 sièges, ce qui lui vaut le statut d’opposition officielle.

Appelée par Jean Chrétien à se prononcer sur la sécession unilatérale du Québec du reste du Canada, la Cour suprême du Canada rend un avis important sur la question en août 1998. Sans reconnaître au Québec le droit à la proclamation unilatérale de l’indépendance, cet avis reconnaît la légitimité du projet de sécession dans l’hypothèse d’un référendum où le « oui » l’emporterait, à partir d’une question claire et avec une majorité décisive. Le cas échéant, l’avis de la Cour suprême établit la nécessité de négociations entre la province et le gouvernement fédéral. Elle laisse toutefois aux « acteurs politiques » la mise en œuvre de ce processus. À la suite de cet avis, le Parlement fédéral approuve en mars 2000 une loi qui reconnaît au Québec le droit de se séparer du reste de la Confédération par la voie du référendum, mais qui définit aussi une série d’obstacles institutionnels tels qu’ils rendent pratiquement impossible la sécession. Cette loi est mal accueillie aussi bien par les indépendantistes que par les représentants de la communauté anglophone, qui la jugent insatisfaisante et antidémocratique.

Lors des élections législatives québécoises de novembre 1998, le Parti québécois de Lucien Bouchard conserve la majorité. Toutefois le bon score obtenu par les fédéralistes limite sa marge de manœuvre dans son action visant à l’indépendance du Québec. Le 1er avril 1999, le Canada redéfinit, pour la première fois depuis cinquante ans, ses frontières intérieures et crée un troisième Territoire, le Nunavut (né d’une subdivision des Territoires du Nord-Ouest), accordant ainsi aux Inuit l’autonomie administrative qu’ils revendiquent depuis longtemps.

Elections législatives québécoises de novembre 1998


Jean Chrétien, sur le référendum de 1995
Jean Chrétien, sur le référendum de 1995

Fort d’un bon bilan économique et d’une cote de popularité favorable, Jean Chrétien provoque des élections législatives anticipées en novembre 2000. Le scrutin est marqué par la victoire du Parti libéral : avec 41 p. 100 des voix, il remporte 12 sièges supplémentaires, totalisant 173 des 301 sièges de la Chambre des communes. Jean Chrétien est reconduit majoritairement pour une troisième fois consécutive. Le renforcement des libéraux au Québec entraîne en janvier 2001 la démission et le retrait de la vie politique de Lucien Bouchard. Invoquant des raisons personnelles, celui-ci met surtout en avant son incapacité à engager le Québec de manière décisive sur la voie de la souveraineté. Considérant qu’il n’a pas « réussi à raviver la flamme », il préfère se retirer. Sa démission, accueillie avec consternation par les partisans de l’indépendance du Québec et avec soulagement par les fédéralistes, fait l’effet d’un électrochoc dans le pays. Bernard Landry lui succède au poste de Premier ministre du Québec.

Le succès de Jean Chrétien, confirmé par la bonne santé de l’économie canadienne, ne lui épargne cependant pas un isolement croissant au sein de son parti en raison notamment de la rivalité qui l’oppose à son ministre des Finances, Paul Martin. À l’approche du congrès du Parti libéral et conscient de la faiblesse de son leadership, le Premier ministre canadien annonce de manière anticipée son retrait de la vie politique en août 2002. Élu à la tête du Parti libéral, Paul Martin succède à Jean Chrétien au poste de Premier ministre en décembre 2003. La dernière année du gouvernement de Jean Chrétien est marquée par la volonté d’imprimer sa marque dans l’orientation politique du pays. Sur le plan international, notamment, le Canada se dissocie considérablement des positions américaines. Cette distance se manifeste par exemple en matière d’environnement par la ratification du protocole de Kyoto sur les changements climatiques en 2002 et, surtout, par le refus du Canada, en 2003, de participer aux côtés des États-Unis à une guerre en Irak sans l’aval de l’ONU. "Canada" Sources utilisées Encarta

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