Informations sur le Radeau de la Méduse
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Carnet Photographique Paris |
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La frégate royale, la Méduse, partie de Rochefort pour coloniser le Sénégal, fait naufrage au large des côtes d’Afrique le 2 juillet 1816. Trois ans plus tard, le peintre Théodore Guéricault affirme son rejet de la peinture historique en reprenant, pour la première fois sur d’aussi grandes dimensions, un fait d’actualité : le martyre des 149 rescapés du naufrage, qui passent douze jours entassés sur un radeau de fortune, sans vivres, jusqu’à ce que l’Argus, lancé à leur recherche, les retrouve et recueille une quinzaine de survivants. |
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Histoire du tableau de Géricault |
Géricault, qui souhaite présenter son tableau (huile sur toile, 493,4 cm × 725,8 cm) au Salon de 1819, étudie le sujet avec une précision documentaire, allant jusqu’à interroger certains rescapés, comme les deux hommes qui ont publié le récit du naufrage en 1817, avant de les faire poser dans leurs propres rôles. L’artiste s’installe dans un nouvel atelier situé près de l’hôpital Beaujon et soudoie des infirmiers qui lui procurent des cadavres. Deux tableaux célèbres naîtront de ces études anatomiques, les Têtes (actuellement à Stockholm) et les Membres (à Montpellier). Après Nicolas Poussin, Annibal Carrache et Girodet-Trioson (les trois œuvres sont exposées au Louvre), Géricault découvre le thème du naufrage pour exprimer l’angoisse de la destinée. Le moment dépeint reste ambigu, car si l’artiste a choisi d’évoquer le sauvetage des naufragés plutôt que les scènes de mutinerie ou de cannibalisme, on ne sait si la scène se déroule alors que s’éloigne le vaisseau (qui n’a pas encore aperçu les naufragés), ou lorsque le bateau s’avance à la rencontre des naufragés. Est-ce l’image de la délivrance ou celle du faux-espoir, de la liberté refusée ?
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Détail du tableau du Radeau de la Méduse. Photo E. Buchot |
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Homme sur le radeau de la méduse. Photo E. Buchot |
Etude de l'oeuvre le Radeau de la Méduse |
Deux constructions pyramidales rythment l’œuvre : à gauche, sous la voile de fortune, s’érige la pyramide de l’adversité et des vents contraires ; celle de droite dessine une courbe plus optimiste : elle commence avec le cadavre tenu par un vieillard — le cadavre de son fils —, puis suivent les corps entremêlés des rescapés, le point focal de l’œuvre étant le chiffon rouge, symbole d’un possible prochain sauvetage, et que brandit un homme noir. Le caractère politique de l’œuvre est, par ailleurs, incontestable. Le procès du commandant qui s’ouvre peu après le sauvetage, deviendra, en effet, le procès de la monarchie et ralliera l’opposition libérale, et Géricault, par le choix qu’il fait d’inscrire un personnage noir au sommet de la pyramide, trahit en quelque sorte ses opinions. Audacieux par son thème mais aussi par sa composition fougueuse, sa touche épaisse, ses violents contrastes d’ombre et de lumière et le réalisme des corps, le Radeau de la Méduse est dans un premier temps exposé au Salon tout en hauteur, puis à hauteur d’homme, et la violence que génère la confrontation directe entre le tableau et le regard des spectateurs, provoque un véritable scandale. En bouleversant ainsi le néoclassicisme illustré par David, ce tableau impose son auteur comme le fondateur incontestable du romantisme et ouvre la voie à la génération d’artistes menée par Delacroix. Encarta |