Carnet Photographique Afrique
Histoire de l'Ethiopie : histoire récente
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Au début des années 1990, les échecs militaires en Érythrée, l’effondrement du bloc soviétique et, par voie de conséquence, la fin de l’aide en provenance des pays de l’Est affaiblissent considérablement le régime de Mengistu. Deux mouvements rebelles alliés, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE, ancien Front de libération du peuple du Tigré, restructuré et rebaptisé), et le Front de libération du peuple érythréen (FLPE, séparatiste), prennent le contrôle des provinces du Nord en 1990. Le FDRPE entre dans Addis-Abeba en juin 1991 sans rencontrer d’opposition et installe un gouvernement national intérimaire.

Sous la présidence de Meles Zenawi, le nouveau gouvernement entreprend la lourde tâche de reconstruire la nation. De son côté, le FLPE établit un gouvernement provisoire en Érythrée, que le nouveau gouvernement éthiopien reconnaît immédiatement.

La guérilla se poursuit cependant dans le pays oromo et l’Ogaden. Après la chute de la dictature, la nouvelle Éthiopie essaie d’exorciser son passé. L’extradition de Mengistu, réfugié au Zimbabwe, est refusée par le gouvernement de Robert Mugabe. En 1995 ont lieu plus de 1 800 procès contre des responsables d’assassinats politiques (vraisemblablement entre 20 000 et 30 000 de 1974 à 1991). Sur le plan régional, les relations se tendent avec le Soudan, les forces sudistes bénéficiant de la bienveillance tacite de l’armée éthiopienne. Les relations avec Djibouti ayant été normalisées, les opposants afars au régime djiboutien sont privés de sanctuaire. En avril 1995, un accord est signé avec l’Érythrée, faisant des deux pays une zone de libre-échange. L’économie se porte mieux, les recettes de l’État sont toujours tributaires du café (50 p. 100), mais les récoltes de tef (une variété de mil, base de l’alimentation) de 1997 sont excellentes.

En mai-juin 1998, un conflit armé, déclenché notamment par la création d'une nouvelle monnaie érythréenne, éclate entre les deux pays à l’instigation de l’Érythrée. Opposée à l’Éthiopie, l’Érythrée occupe des territoires éthiopiens qu’elle revendique sur la base de frontières délimitées à l’époque coloniale. L’Érythrée doit se retirer de la région de Badmé où l’Éthiopie a remporté une victoire militaire. Les diverses tentatives de médiation échouent, et les belligérants tentent d’impliquer dans leur querelle les clans somaliens, eux-mêmes en conflit. En février 1999, l’Éthiopie reprend la plaine de Badmé. Puis, après une trêve de plusieurs mois, elle envahit l’Érythrée (février-mai 2000). Afin d’inciter les deux pays à engager des pourparlers de paix, un embargo sur les armes, ainsi que sur le matériel et sur l’assistance militaire, est proclamé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Les troupes érythréennes se retirent alors des territoires qu’elles occupent depuis deux ans.

Le 30 mai 2000, sous l’égide de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), des négociations de paix sont entamées, qui aboutissent à la signature d’un accord de cessez-le-feu le 18 juin puis d’un « accord de paix global » le 12 décembre suivant, à Alger. Signé par le président érythréen, Issayas Afwerki, et par le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, l’accord est également paraphé par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Kofi Annan, et par la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright. Il ouvre la voie au déploiement de la Mission des Nations unies en Éthiopie et Érythrée (Minuee), forte de 4 200 hommes et de 200 observateurs, dans une zone tampon de sécurité d’une profondeur de 25 kilomètres le long de la frontière. Ce conflit a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes et provoqué le déplacement de 1,3 million de personnes.

Meles Zenawi
Meles Zenawi

En avril 2001, une grève lancée par les étudiants de la capitale, Addis-Abeba, est très violemment réprimée par les forces de l’ordre. Deux jours d’affrontements entre la police et les étudiants tournent à l’émeute et font une quarantaine de morts et plus de 250 blessés. En octobre 2001, Girma Wolde-Giorgis succède à Negaso Gidada. Ce député et homme d’affaires peu connu du grand public, âgé de 76 ans, est élu par le Parlement à la présidence de la République. Il tire son avantage d’être toujours resté à l’écart des nombreux conflits qui agitent la coalition gouvernementale.

Le 13 avril 2002, le processus de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée connaît une issue décisive avec l’arbitrage frontalier définitif rendu par les experts de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. Les deux pays acceptent la ligne de partage retenue, compromis entre leurs différentes revendications territoriales. Les tensions demeurent vives toutefois le long de la frontière ; l’attribution de la ville de Badmé, notamment, est l’objet d’interprétations contradictoires. La situation politique interne demeure cependant critique, alors que le pouvoir maintient la pression sur l’opposition en restreignant notamment la liberté d’expression et que le pays continue de connaître des crises alimentaires aiguës liées à une série de sécheresses. Les élections législatives de mai 2005, qui se déroulent dans un climat de graves violences et irrégularités, confirment la suprématie du FDRPE et reconduisent Meles Zenawi au poste de Premier ministre. "Ethiopie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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