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Histoire de la ville de Brest
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Le site initial, au débouché de la Penfeld, est dès l'époque romaine un poste militaire et un castellum. Ce rôle de place-forte se maintient pendant tout le Moyen Âge et, lors de la guerre de Succession de Bretagne, la ville est l'objet de dispute entre les Bretons, les Anglais (le roi Édouard III, allié du duc de Bretagne Jean de Montfort, s'empare de Brest en 1342) et les Français (la ville est assiégée plusieurs fois en vain, et finalement remise par le roi d'Angleterre Richard II à Jean IV en 1397 contre une forte indemnité).

Il faut attendre le règne de Louis XIII pour que, par la volonté du cardinal de Richelieu, naisse l'arsenal de Brest (1631), qui donne à la ville son importance. À partir de cette décision, la Penfeld va connaître trois siècles d'aménagements qui vont à la fois renforcer les fonctions de l'arsenal (actions de Colbert, de l'intendant Chertemps de Seuil en 1674, de Choquet de Lindu au siècle suivant) et permettre la réalisation d'un espace puissamment fortifié (plan de fortification de Vauban dès 1683). L'arsenal compte à certaines époques jusqu'à dix mille ouvriers appartenant à de multiples corps de métiers et, à la fin du XIXe siècle, l'appropriation de la Penfeld par la marine militaire est quasi totale. La ville déploie alors dans l'espace ses activités : transfert vers l'est du port de commerce, à Porstrein, en 1865 (année de l'arrivée du chemin de fer), « conquête de l'Ouest » en direction du goulet avec la création d'un avant-port militaire à Laninon (à partir de 1889).

Occupée par les Allemands dès juin 1940, la ville subit en 1944 cent soixante-cinq bombardements de l'aviation anglo-américaine et est très largement détruite (elle perd la quasi-totalité de ses monuments anciens), les dégâts étant amplifiés par les destructions effectuées par les Allemands avant leur capitulation, le 19 septembre. La reconstruction de la ville s'opère entre 1945 et 1961, sur le modèle d'un plan en damier qui marque encore largement l'organisation urbaine. La ville a des difficultés à se donner un cœur et s'oriente vers un agencement polycentrique, à partir d'un littoral qui voit se succéder, d'ouest en est, plusieurs activités complémentaires sur une quinzaine de kilomètres.
Quai de l'arsenal à Brest
Quai de l'arsenal. Encarta
On trouve successivement le technopôle Brest-Iroise spécialisé dans les activités océaniques ; le port militaire (siège de l'Escadre de l'Atlantique) qui s'étire autour de la Penfeld et du quartier de Recouvrance ; le port de commerce (2,3 Mt en 2004) ; le parc minéralier (terminal froid, hydrocarbures, vrac et multimodal) ; un waterfront touristique récemment occupé par Océanopolis (centre de culture scientifique et technique de la mer) ; puis le port de plaisance de Moulin-Blanc. D'ici à 2008, l'espace militaire de la Penfeld (plateau des Capucins) pourrait être rétrocédé à la collectivité, et les fêtes du patrimoine maritime organisée tous les quatre ans depuis 1992 ont déjà permis aux civils de l'occuper temporairement. Ce changement d'affectation traduit le déclin relatif des activités militaires (les effectifs de la Marine ont diminué de 2 600 personnes entre 1975 et 1999), mais la réparation et la construction navales, y compris la Direction des constructions navales (D.C.N., rattachée au ministère de la Défense), compte encore plus de 5 600 salariés et la ville 13 000 militaires. Encyclopedia Universalis
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