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Histoire de la Grèce : la Grèce ottomane
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Alors que les croisades sont destinées, à l’origine, à venir en aide aux Byzantins dans leur lutte contre les Infidèles en Terre sainte, la quatrième croisade, en 1204, est détournée vers Constantinople. La ville est saccagée et l’Empire byzantin s’effondre sous le coup des attaques franques : un Empire latin de Constantinople, confié à Baudouin de Flandre, est instauré ; la péninsule hellénique est divisée en territoires, dont les plus importants sont le duché d’Athènes et le royaume de Thessalonique, et l’Empire byzantin est réduit au despotat d’Épire et aux petits empires de Trébizonde et de Nicée. En récompense de sa participation à la quatrième croisade, la république de Venise, toujours soucieuse d’obtenir des bases commerciales, se voit attribuer une partie de la Thrace, le Péloponnèse, les îles Ioniennes et égéennes et la Crète.

 

L'émergence des ottomans
Les Byzantins tentent à plusieurs reprises de reconquérir leurs territoires : Michel VIII Paléologue réinvestit Constantinople en 1261, puis l’Empire se rétablit dans le Péloponnèse et institue le despotat de Morée, à Mistra en 1348. Cependant, les Turcs, déjà présents en Asie Mineure depuis le XIe siècle, s’emparent de Constantinople en 1453.

Le sultan Mehmet II lance ensuite ses armées en direction du Péloponnèse et de l’Attique : dès 1460, l’ensemble de la Grèce, à l’exception des îles Ioniennes — possessions vénitiennes — et de quelques poches de résistance comme Rhodes (1522), Chypre (1571) ou la Crète (1699), est sous le contrôle de l’Empire ottoman. Cette expansion favorise l’idée de reconstitution d’une « nation » orthodoxe, que l’Église appelle de ses vœux.

Pendant une courte période (1699-1718), Venise reprend le contrôle du Péloponnèse, mais la Grèce va rester sous la domination des Ottomans jusqu’au XIXe siècle.

Comme dans l’ensemble des Balkans, les Turcs sont plutôt bien accueillis en Grèce.

Les paysans, opprimés par les propriétaires fonciers, ainsi que l’Église orthodoxe, maintenue dans ses privilèges, se rallient sans difficulté à l’Empire ottoman. De surcroît, les sultans accordent une place privilégiée aux Grecs parmi les peuples de l’Empire, respectant à la fois l’héritage hellénique et la religion orthodoxe. Le nombre important de conversions à l’islam n’est pas le fruit d’une politique autoritaire, mais plutôt le résultat d’une tolérance religieuse et du mélange des influences.

En outre, en frappant de lourdes taxes le commerce latin, les Turcs s’allient la bourgeoisie marchande grecque, qui, au XVIIIe siècle, contrôle 75 p. 100 du commerce du Levant. Dès le XVIIe siècle, une aristocratie nouvelle est formée, au moins à Istanbul (ancienne cité de Constantinople) : les Phanariotes, issus des rescapés de l’ancienne nobilitas byzantine et proches de l’Église orthodoxe, ainsi qu’une nouvelle bourgeoisie d’affaires, qui se rassemble autour du poète Konstantinos Rhigas (dit Vélestinlis), à l’origine de la fondation de la société patriotique de l’Hétairie. Le système, relativement équilibré, fonctionne pendant deux siècles en dépit des soulèvements qui se produisent périodiquement. Il est pourtant remis en cause, au XVIIIe siècle, par le recul de l’Empire ottoman dans les Balkans, l’émergence d’un rival ambitieux, la Russie orthodoxe, et l’apparition d’une noblesse ottomane musulmane, foncière et militaire, qui conteste le pouvoir central, brisant l’équilibre acquis. Sipahis et janissaires déclassés, notables provinciaux, grands propriétaires fonciers accentuent leur emprise sur la terre et sur les hommes, menaçant tous ceux, Grecs et Arméniens, qui ont profité du centralisme ottoman.

Portrait de Mehmet II
Portrait de Mehmet II. Encarta
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