Littérature française : essor des genres mondains
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La vie des salons aristocratiques est, tout au long du XVIIe siècle, particulièrement intense : c’est là qu’ont lieu les grands débats littéraires du temps, et de nombreux auteurs de premier plan sont familiers de ces milieux. Ce lien étroit entre la vie mondaine et aristocratique, d’une part, et la littérature, d’autre part, explique l’importance prise par ce que l’on peut appeler les « genres mondains » dans la littérature du temps. L’art de la conversation mondaine trouve un équivalent littéraire dans la correspondance, genre où s’illustre notamment Mme de Sévigné, dont les Lettres représentent un précieux témoignage sur les mentalités du temps. Les lettres de la marquise sont authentiques ; destinées par leur auteur à un usage strictement privé, elles ne seront publiées qu’à titre posthume. Mais le public se révèle si friand de cette forme littéraire « vraie », que de nombreux auteurs composent de fausses correspondances (en fait, des romans épistolaires) en les faisant passer pour authentiques. |
C’est le cas notamment du sieur de Guilleragues, qui publie son roman les Lettres portugaises, en faisant croire que ces lettres brûlantes de passion ont été réellement envoyées par une religieuse à un amant volage et lointain ; le débat sur l’authenticité de cette correspondance amoureuse a perduré jusqu’à une date très récente et leur attribution à Guilleragues est établie avec certitude depuis peu. |
Le goût de Mme de Sévigné pour le trait d’esprit et pour la peinture des mœurs de son temps caractérise également les écrits de moralistes tel La Rochefoucauld à qui l’on doit de sévères Maximes, qui brillent par la rigueur et la concision de leur syntaxe et par la finesse judicieusement ambiguë de leur propos. Dans un genre littéraire également concis, le portrait, emprunté à Théophraste, et une perspective tout aussi moraliste, Jean de La Bruyère connaît un succès immédiat avec ses Caractères (1688), série de portraits et de maximes qui renvoient, certes, à des contemporains bien réels de l’auteur, mais davantage encore à des types sociaux. |
Témoin de son temps et moraliste lui aussi, le cardinal de Retz dépeint les subtilités politiques de la monarchie d’une plume souvent acide dans ses célèbres Mémoires ; citons aussi l’épicurien Saint-Évremond, auteur d’essais littéraires ou moralistes et, plus tardivement, le duc de Saint-Simon, grand seigneur et courtisan aux idées conservatrices, qui compose des Mémoires (1739-1750, publiés en 1829), fruit d’observations souvent acérées sur la fin du règne de Louis XIV et la crise des valeurs aristocratiques. |
Le récit est marqué naturellement par cette mondanité : c’est le cas de la Princesse de Clèves (1678) de Mme de La Fayette, d’abord titré Mémoires. Ce roman, qui a pour cadre la cour d’Henri II, le monde aristocratique le plus raffiné et le plus policé, pose des questions morales propres à ce milieu : la fidélité d’une femme à un époux qu’elle n’a pas choisi et l’interdit qui pèse sur l’amour qu’elle ressent pour un autre. Cependant, le roman de mœurs, héritier du roman comique, est inauguré avec le Roman bourgeois (1666) de Furetière : prenant le contre-pied de récits mondains écrits par les aristocrates, il fait entrer la petite bourgeoisie dans l’univers romanesque. "littérature française" Source Emmanuel Buchot et Encarta |
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