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Un cabinet de coalition


Enrico Berlinguer
Enrico Berlinguer. Encarta

L’idée d’un renouvellement du jeu politique fait son chemin. En octobre 1963, la tendance du Parti socialiste italien menée par Nenni accepte de rejoindre un gouvernement de centre gauche, pour la première fois depuis 1947. Un cabinet de coalition de quatre partis (sociaux-démocrates, socialistes, démocrates-chrétiens et républicains) est organisé par le démocrate-chrétien Aldo Moro, qui devient président du Conseil en décembre 1963. Cette ouverture à gauche a de graves répercussions (effondrement de la Bourse, fuite des capitaux) mais elle est poursuivie avec habileté, ce qui calme l’effervescence économique.

Cependant, les éléments conservateurs et progressistes du gouvernement s’opposent de plus en plus. La situation se trouve encore plus détériorée par les prodromes de la fin du boum économique que les désaccords entre les factions parlementaires semblent devoir aggraver. Le 4 mars 1965, les quatre partis au pouvoir acceptent de mettre de côté leurs divergences afin de mener une action concertée contre la récession économique. De 1965 à 1966, Aldo Moro, malgré des gouvernements successifs, conserve la confiance des membres de la coalition.

Les troubles généralisés de la fin des années 1960 n’épargnent pas l’Italie. La mutation profonde du pays, passé du rang de nation agricole au statut de pays industriel, l’émigration interne, l’évolution des mentalités conduisent aux graves événements des années 1968-1969.

En 1968, les étudiants réclamant des réformes universitaires affrontent la police et les carabiniers à Rome et à Bologne. Le mouvement social prend une tournure prérévolutionnaire quand les syndicats appellent à la grève générale pour obtenir la modernisation du système de Sécurité sociale. S’il se désamorce de lui-même, le conflit favorise l’émergence de nouvelles formations, féministe et écologiste notamment. Ces multiples contestations aboutissent à l’adoption, en mai 1970, du statut des travailleurs qui améliore leurs conditions de travail et reconnaissent le rôle des syndicats dans les entreprises. Une autre conséquence de ces mouvements est la libéralisation de la société ; ainsi, en 1973, la loi italienne autorise le divorce, puis légalise l’avortement en 1978.

La crise économique se traduit en 1971 par une réduction des investissements de 9 p. 100 et une baisse de 4 p. 100 de la production. La récession de 1974, conséquence du choc pétrolier de 1973, aggrave l’inflation, le chômage et la dépréciation de la lire. Les déficits de l’État se creusent rapidement et le recours à des prêts internationaux massifs est nécessaire pour éviter la banqueroute financière du pays.

La violence des bouleversements sociaux, l’extension du travail au noir, la crise permanente amplifient le malaise politique. Le système a le plus grand mal à évoluer à la même vitesse que la société. La fin des années 1970 voit se succéder des gouvernements toujours dirigés par des démocrates-chrétiens. Pendant une brève période, en 1974, le pays se trouve même sans dirigeants.

Andreotti
Andreotti. Encarta

Les problèmes économiques de l’Italie augmentent, une vague d’enlèvements et de violence déferle sur la péninsule, la confiance des citoyens dans ses représentants décline. De son côté, l’influence du Parti communiste s’étend, sous l’impulsion de son nouveau secrétaire général depuis 1972, Enrico Berlinguer. En juin 1975, les élections régionales sont remportées par les démocrates-chrétiens (35 p. 100 des voix), mais les communistes sont en nette progression avec 33 p. 100 des suffrages. Ils adoptent alors une nouvelle stratégie qui prend le nom de « compromis historique » et se caractérise par une alliance entre les formations de gauche et les partis du centre, autrement dit un rapprochement entre le PCI et la DC. Au scrutin suivant, en juin 1976, le Parti communiste progresse encore, avec 35 p. 100 des votes, tandis que les démocrates-chrétiens en obtiennent 39 p. 100.

Le chef du Parti démocrate-chrétien, Giulio Andreotti, forme un nouveau gouvernement avec le soutien de Berlinguer, mais sans ministres communistes. Son cabinet est renversé en janvier 1978 quand le Parti communiste exige la mise en place de mesures d’urgence pour lutter contre la crise économique et réclame des ministères d’État. Au mois de mars, Andreotti forme un nouveau cabinet démocrate-chrétien, toujours avec le soutien officiel des communistes. Il doit démissionner en janvier 1979 quand le Parti cesse de l’appuyer, consacrant ainsi l’échec du compromis historique dont il avait rêvé. "Italie" © , Encarta et Wikipedia

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