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Histoire de l'Allemagne : l’essor urbain et la marche vers l’est en Allemagne aux 12 et 13ème siècle
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Aux XIIe et XIIIe siècles, l’Allemagne connaît un important essor urbain, favorisé par le pouvoir central qui accorde aux villes un grand nombre de privilèges et de franchises. À la fin du XIIIe siècle, nombre de ces cités allemandes se sont émancipées de l’autorité impériale. La richesse des villes repose alors sur un commerce très actif, favorisé par le développement des échanges internationaux. Cologne et Francfort se trouvent sur la route des foires de Champagne, Mayence, sur la route des Alpes et de l’Italie, tandis que Lübeck et Hambourg dominent le commerce de la mer du Nord et de la Baltique. Les routes commerciales, au nord, se prolongent jusqu’en Angleterre, en Norvège et en Russie.

Progressivement, les villes concluent des alliances pour défendre et développer leurs intérêts commerciaux. En 1241, Lübeck et Hambourg signent un traité d’association, tandis que les cités du Rhin forment, en 1254, la Ligue rhénane. En 1259, l’union Hambourg-Lübeck s’élargit en une confédération de villes maritimes comprenant Rostock, Wismar et Stralsund.

En 1281, celle-ci fusionne avec la Hanse de Cologne pour former la Ligue hanséatique ou Hanse teutonique (Hansa Theutonicorum), groupement de marchands de l’Allemagne du Nord, rejointe progressivement par de nombreuses autres villes de l’empire (Brême, Magdeburg, Erfurt, Thorn, Cracovie, Szczecin, etc.). Un réseau commercial très organisé se met ainsi en place, reliant les cités allemandes entre elles et, au-delà, à Londres, Bergen (Norvège) et Novgorod (Russie). Forte de plus de 85 villes et comptoirs, maîtresse de la mer Baltique et de tout le commerce de l’Europe du Nord, la Hanse constitue une force économique et politique de plus en plus puissante.

Cette expansion économique et urbaine s’accompagne d’une importante expansion territoriale.

Le déclin du pouvoir impérial ne freine guère la progression vers l’est. La colonisation rurale accompagne l’œuvre évangélisatrice des moines et précède la conquête politique.

Aux Xe et XIe siècles, la christianisation des contrées orientales donne naissance à la formation des Églises nationales de Bohême et de Pologne qui, en fait, contribuent moins à la germanisation de ces territoires qu’à l’affirmation du particularisme slave. L’Autriche puis les régions du nord-est (Holstein, Mecklembourg, Poméranie et Brandebourg) sont en revanche ancrées dans l’aire de civilisation germanique.

Menée d’abord par les ordres religieux, bénédictins, franciscains et dominicains, la colonisation se transforme, au XIIIe siècle, en croisade permanente, dirigée par des ordres militaires, dont le plus puissant est celui des chevaliers Teutoniques. Depuis leur quartier général de Marienburg, ceux-ci dirigent la colonisation de la Prusse, des pays baltes et de la Silésie où ils édifient châteaux et villes fortifiées. Ils fondent Riga (1201), Francfort-sur-l’Oder, Memel (1252) ou encore Königsberg (1255) et autorisent la Hanse à fonder des villes-comptoirs comme Gdańsk (1224). La politique de colonisation et la lutte contre les Slaves sont ardemment soutenues par trois dynasties, les Schaumburg, qui ont reçu le comté de Holstein en 1110, les Ascaniens, dont le fondateur, Albert l’Ours, est le premier margrave de Brandebourg, et les Welfen.

Dans les territoires nouvellement conquis s’établissent des paysans venus de Flandre, de Hollande et des régions rhénanes où,

Wismar
Wismar
depuis le Xe siècle, la croissance démographique a entraîné une forte pression sur les terres agricoles. Si la mise en valeur des nouvelles terres orientales exige un dur labeur (défrichement des forêts, assèchement des marais), les paysans reçoivent en échange des tenures et échappent à l’oppression seigneuriale. "Allemagne" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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