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Histoire de l'Allemagne : L’empire des Habsbourg
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En 1437, Sigismond étant mort sans héritier direct, les électeurs élisent à l’unanimité Albert II de Habsbourg (1438-1439), duc d’Autriche et gendre de l’empereur défunt. Les Habsbourg se succèdent alors sur le trône d’Allemagne quatre siècles durant. Albert II hérite d’un empire dépeuplé par la peste noire. La Pologne en profite pour envahir la Bohême, et les Turcs Ottomans, pour attaquer la Hongrie. Le territoire germanique est alors morcelé en quelque 240 États, en proie à des conflits permanents. En Allemagne méridionale comme en Westphalie, les villes puissamment organisées luttent contre les princes.

Le désordre politique, pas plus que la peste, endémique jusqu’au XVIIe siècle, n’empêche toutefois le développement économique. En 1370, la Ligue hanséatique, victorieuse du Danemark, a obtenu, par le traité de Stralsund, un quasi-monopole sur le commerce entre la Baltique et la mer du Nord.

Au sud, les villes comme Nuremberg et Augsbourg prospèrent grâce aux minerais du massif du Harz, de Thuringe et de Bohême, et au commerce des toiles. Le capitalisme naissant voit se constituer des familles de banquiers, tels les Fugger. Peu de temps après la mort d’Albert II, les Tchèques, puis les Hongrois, se choisissent pour souverain un prince local.

Le successeur d’Albert II, Frédéric III (1440-1486), couronné à Rome par le pape en 1452, est impuissant à rétablir l’ordre et la paix dans son empire. La guerre avec la Pologne reprend de 1454 à 1466. Le conflit se solde par le traité de Toruń, qui ne laisse à l’Empire germanique que la Prusse-orientale. Frédéric III est également vaincu par deux fois, en 1462 et 1485, par le roi de Hongrie, Mathias Corvin, qui lui prend Vienne et une partie de l’Autriche. En 1486, les princes germaniques le contraignent à abdiquer en faveur de son fils, Maximilien, mais il conserve le titre d’empereur du Saint Empire romain germanique jusqu’en 1493.

Maximilien Ier (1486-1519), par son mariage avec Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, hérite d’un vaste territoire, au terme d’une guerre contre le roi de France, Louis XI, qu’il bat à Guinegatte en 1479.

Il finit par obtenir les Pays-Bas au traité de paix d’Arras en 1482. Son habile politique d’alliances fait des Habsbourg les héritiers des Rois catholiques d’Espagne ainsi que des royaumes de Hongrie et de Bohême. Ayant libéré Vienne en 1490, occupée par Mathias Corvin, roi de Hongrie, Maximilien Ier unifie les États héréditaires pour accroître la puissance impériale. Il doit, en revanche, reconnaître l’indépendance des cantons suisses, en 1499, et céder le Milanais à la France.

En Allemagne, Maximilien Ier amorce une réforme des structures de l’Empire, mais elle demeure limitée, faute de moyens financiers et militaires suffisants. Les princes et les villes, de leur côté, défendent leurs prérogatives. Face à ces deux pôles dont la puissance ne cesse de s’accroître, la petite noblesse et la paysannerie apparaissent comme les victimes de l’évolution politique et économique. En 1493 puis en 1506, les paysans d’Alsace et du Wurtemberg, exploités par les seigneurs endettés auprès des usuriers bourgeois, se révoltent.

À la mort de Maximilien Ier, son petit-fils, Charles Quint (1519-1558), lui succède. Héritier du trône d’Espagne et du royaume de Bourgogne, celui-ci est le souverain le plus puissant de la chrétienté. Son accession au trône impérial coïncide avec l’émergence du protestantisme.

"Allemagne" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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l'Empereur Maximilien Ier et sa famille
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