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Littérature dans l'après guerre : les écrivains
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En marge des grandes problématiques dominantes (politique, communisme, engagement), des auteurs poursuivent un chemin personnel.

Marguerite Yourcenar, avec les Mémoires d’Hadrien (1951), récit nourri par une impressionnante érudition classique, impose sa vision du monde, humaniste et stoïcienne. Dans ses romans, Jean Giono dépeint les vertus de la nature et la folie des hommes, au sein d’une Provence mythique et épique (Un de Baumugnes, 1929 ; Un roi sans divertissement, 1947 ; le Hussard sur le toit, 1951).

Des romanciers comme les Hussards, parmi lesquels Antoine Blondin et Roger Nimier, rejettent les problématiques de l’engagement politique pour exalter un héroïsme gratuit, teinté de romantisme.

 

D’autres encore font, dans l’immédiat après-guerre, un usage expérimental, ludique et grave de la littérature : ainsi Boris Vian, parolier, essayiste, romancier et poète, qui place l’ensemble de son œuvre sous le signe de la provocation et de la fantaisie (J’irai cracher sur vos tombes, 1946 ; l’Écume des jours, 1947 ; Cantilènes en gelée, 1950). Raymond Queneau, mathématicien et poète, ancien surréaliste, collaborateur de la Nouvelle Revue française et fondateur de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo) en 1960, fait de son œuvre le lieu d’une réflexion et d’une expérimentation ludique sur la langue, ayant notamment recours à l’usage de contraintes, aussi arbitraires que fécondes, pour renouveler l’écriture littéraire. Parmi ses récits, citons Exercices de style (1947) et Zazie dans le métro (1959).

Georges Perec, lui aussi virtuose des jeux de lettres et de l’usage de contraintes formelles, s’impose comme un romancier d’une grande originalité (les Choses, 1965 ; la Disparition, 1969), et rejoint Queneau en 1967 dans l’OuLiPo.

Julien Gracq, qui dénigre le microcosme des lettres dans un pamphlet, la Littérature à l’estomac (1950), se distingue par une œuvre romanesque au climat particulier, structurée autour d’un imaginaire de l’attente et du désir et sur une conception de l’espace singulière (Au château d’Argol, 1938 ; le Rivage des Syrtes, 1951). Son œuvre critique est également remarquable (Préférences, 1961 ; Lettrines, 1967-1974). Dans l’après-guerre fleurit aussi une nouvelle vague de romans populaires, dans le domaine de la science-fiction (avec, par exemple, René Barjavel) et dans le genre policier (Georges Simenon, Léo Malet).

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Boris Vian
Boris Vian