La littérature allemande du 18ème : le préclassique
|
Carnet Photographique Allemagne |
Christian Fürchtegott Gellert (1715-1769), un des premiers écrivains de la période préclassique, ouvre la voie à la littérature sentimentale en Allemagne et au roman bourgeois moderne, tandis que le poète et dramaturge Friedrich Gottlieb Klopstock restitue à la poésie les ambitions qu’elle semblait avoir oubliées. Avec son poème épique religieux la Messiade (1751-1773) et avec ses collections d’Odes (composées à partir de 1747), il insuffle en effet dans la poésie allemande un lyrisme intime et puissant. Sa conception du métier d’écrivain comme mission sacrée influence profondément les écrivains ultérieurs. |
Christoph Martin Wieland, l’interprète de ce que l’on nomme la « philosophie des grâces », est l’initiateur spirituel du classicisme de Weimar. Il entreprend, entre 1762 et 1766, la première traduction en langue allemande (et en prose) de vingt-deux pièces de Shakespeare, œuvre qui marque l’origine du Sturm und Drang. Son Histoire d’Agathon (1766-1767) est considérée comme le premier roman psychologique de la littérature allemande. Il est également l’auteur de l’épopée Obéron (1780), dont le héros éponyme a fait une première apparition sous les traits d’un magicien dans une chanson de geste française, Huon de Bordeaux (v. 1260), avant d’être mis en scène par Shakespeare dans le Songe d’une nuit d’été puis par Carl Maria von Weber dans son opéraOberon (1826). Les pièces de Gotthold Ephraim Lessing, remarquables par leur style passionné et la puissance de leurs personnages, sont fondatrices du théâtre allemand moderne. |
Avec Miss Sara Sampson (1755), il crée le premier vrai drame bourgeois en prose. |
Son poème dramatique Nathan le Sage (1779) exprime son hostilité à toute forme d’intolérance, à tout préjugé de classe, de nationalité ou de religion. Avec Minna von Barnhelm (1767), il réalise une vraie comédie bourgeoise qui, par l’actualité de son sujet, la complexité et la vérité des caractères, dépasse définitivement la comédie sentimentale. Lessing introduit aussi en Allemagne l’esprit du siècle des Lumières avec son traité critique Laocoon (1766), qui établit une distinction fondamentale entre l’art figuratif (peinture, sculpture, etc.) et l’art poétique, et qui a des répercussions jusqu’à nos jours sur la création dans ce pays. Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799), quant à lui, sait brillamment mêler science et littérature. Dans ses Aphorismes (1801), il fustige aussi bien le culte du génie que celui de la sensibilité, qu’il considère comme des aberrations symptomatiques d’une époque de grands bouleversements marquée par le goût de l’exagération. "Littérature allemande" Encyclopédie Microsoft® Encarta |
![]() |
Georg Christoph Lichtenberg |