L'économie soviétique dans les années 50 et 70
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Carnet Photographique URSS |
De la mort de Staline aux années soixante-dix, l’URSS tente de rattraper son retard économique, industriel et agricole en suivant les lignes tracées par les plans quinquennaux ou septennaux (comme celui de 1959-1965). L’agriculture collectivisée continue d’occuper une grande partie de la population. Khrouchtchev s’emploie à accroître les rendements agricoles en encourageant l’exploitation de nouvelles terres, en particulier au Kazakhstan, et en favorisant la culture du maïs. Aucune de ces entreprises n’est couronnée de succès. À partir de 1958, une volonté de décentralisation et de partielle libéralisation se fait sentir. La supervision des exploitations agricoles passe de l’administration centrale à 39 conseils régionaux. Les collectivités deviennent propriétaires des machines agricoles (elles les louaient auparavant à des stations techniques), tandis que le cours auquel l’État achète les céréales est relevé pour doper le développement et accroître le niveau de vie des agriculteurs. Malgré ces mesures, les conditions climatiques ajoutées à l’inefficacité du secteur agricole collectivisé et à l’exode rural des jeunes gens vers les villes sont à l’origine de récoltes désastreuses (1963, 1965, 1969, 1972, 1975). Cette situation entraîne un ralentissement de la croissance économique et une augmentation de la dette extérieure, car, pour éviter la famine, l’URSS est contrainte d’importer massivement du blé canadien et américain. |
Pour stimuler les rendements agricoles, une série de mesures est prise au cours des années soixante-dix : salaire mensuel pour les agriculteurs, techniques de gestion affinées, usage d’engrais et de machines, développement de l’irrigation. Conformément à la politique de Khrouchtchev, les petits fermiers des kolkhozes sont réunis et l’on cherche à renforcer la capacité de production des sovkhozes (grands centres d’exploitation agricole appartenant à l’État). Ces mesures, associées à des conditions météorologiques favorables, permettent d’obtenir des moissons records en 1973, 1974 et 1976. |
À la fin des années soixante-dix, l’agriculture soviétique n’en accuse pas moins un retard technique de plusieurs décennies sur l’Europe de l’Ouest. De ce côté, rien n’est réglé. De fait, l’URSS, depuis 1945, gère avec difficulté une pénurie agricole endémique. L’industrialisation rapide, indexée sur les objectifs des plans quinquennaux, fait du pays la deuxième puissance industrielle et militaire au monde. Mais la production de biens de consommation reste à la traîne. Alors que la production industrielle totale de 1957 est 33 fois supérieure à celle de 1913 (74 fois plus pour l’industrie lourde), la production de biens de consommation est multipliée par 13 seulement. Le déséquilibre est évident entre la production industrielle et les effets des progrès économiques sur le bien-être et le quotidien des Soviétiques, soumis à un dur régime de vie. |
Malgré ses promesses, le régime de Khrouchtchev n’obtient donc pas de progrès nets. Les conseils industriels régionaux sont alors renforcés (1957, 1962) et certaines entreprises industrielles regroupées. À partir de 1964, les efforts se concentrent sur les industries chimiques de l’engrais, du plastique et du caoutchouc. Néanmoins, les effets produits par l’ensemble des plans de modernisation et de libéralisation des objectifs ne sont pas suffisants pour permettre une véritable mutation de l’économie, toujours fermée aux marchés occidentaux et tenus dans la main de l’État. Certes, entre 1965 et 1969 est mis en place un système de production qui intègre la notion de profit et privilégie les commandes reçues sur la primauté antérieure des quotas gouvernementaux. L’expérience est étendue à l’industrie, à l’agriculture, |
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Chars soviétiques à Prague (1968) |
aux entreprises de transport, du bâtiment et aux communications. Une législation appropriée est adoptée par le Soviet suprême en octobre 1969 : un capital d’exploitation et un budget salarial sont attribués à chaque entreprise, mais c’est à la direction locale de décider de l’utilisation du capital, du versement des salaires (à l’heure ou à la pièce) et de l’octroi de primes. En 1969, un tiers de la production nationale est assurée par des entreprises fonctionnant sous ce nouveau système. Mais cette approche est progressivement abandonnée au cours des années soixante-dix. "URSS" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
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