Les dictatures militaires au Nigeria
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Dès la fin de l’année 1983, le général Muhammadu Buhari prend le pouvoir par la force et interdit toute activité politique. Son programme d’austérité fait beaucoup de mécontents. En 1985, il est chassé par un coup d’État mené par le général Ibrahim Babangida. Ce dernier abolit les décrets les moins populaires et renégocie une partie de la dette du pays, assouplit le contrôle de l’administration sur les affaires et parvient ainsi à relancer l’économie. Dans le cadre du retour à un régime civil, des élections locales sont organisées en 1990, suivies d’élections législatives en 1992 et d’une élection présidentielle en juin 1993. Moshood Abiola, un homme d’affaires milliardaire du Sud, remporte cette dernière élection avec 80 p. 100 des suffrages exprimés. Cependant, Babangida annule les élections et confie le pouvoir à un gouvernement provisoire dirigé par Ernest Shoneka. Le ministre de la Défense, le général Sani Abacha, renverse le gouvernement provisoire en novembre, suspend l’activité des partis politiques et emprisonne nombre de ses opposants, dont Abiola qui s'était proclamé symboliquement président. |
Sous la pression des pays créanciers, Sani Abacha annonce un retour progressif à un régime civil, promis pour janvier 1996, et la levée de l’interdiction des activités politiques. Par la suite, la situation se dégrade. Neuf opposants du mouvement Ogoni (sud-est du pays), dont son dirigeant, l’écrivain Ken Saro Wiwa, qui dénonce l’exploitation pétrolière dans la région, sont exécutés en novembre 1995, et la femme de Moshood Abiola, Kadiratou, est assassinée en juin 1996. L’Union européenne impose un embargo sur les armes à destination du pays ; le Commonwealth suspend le pays et engage une procédure d’exclusion ; il menace de la rendre irrémédiable si le transfert du pouvoir aux civils ne se réalise pas et si un terme n’est pas mis aux violations des droits de l’homme. Le général Abacha autorise la création de cinq partis en 1996, mais l’armée veille à ce que ces formations ne se reconstituent pas sur des bases ethniques ou régionales. |
La visite du pape Jean-Paul II à Kano dans le nord du Nigeria, au mois de mars 1998, ne permet pas de recréer un climat de confiance. En avril 1998, les cinq formations politiques légales annoncent qu’elles ont choisi de présenter le général Abacha comme candidat unique à l’élection présidentielle du mois d’août, ce qui ne contribue pas à apaiser les esprits. La faible participation aux élections législatives (25 avril 1998), boycottées par l’opposition, porte un nouveau coup à la crédibilité du processus de transition vers la démocratie. Le brusque décès d’Abacha en juin repose la question sur des bases nouvelles. Son successeur, Abdulsalam Abubakar, après avoir promis de respecter le programme de démocratisation, fait libérer plusieurs prisonniers politiques. En avril, la mort de Moshood Abiola, à la veille de sa libération et de sa participation à un processus de réconciliation nationale, replonge le pays dans la violence et dans l’incertitude, mais le président |
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Sani Abacha |
Abubakar s’attache à respecter le calendrier électoral visant à élire un nouveau chef de l'État au suffrage universel. Nigeria" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008" http://fr.encarta.msn.com © 1997-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
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