Daniel Dezeuze peintre
|
Carnet Photographique Paris |
Dezeuze, Daniel (1942-), artiste français, ancien membre du groupe Support / Surface, fondateur en 1971, avec Vincent Bioulès, Louis Cane et Marc Devade, de la revue Peinture, cahiers théoriques. |
Présentation de Daniel Dezeuze |
Dès le départ, la pratique artistique de Daniel Dezeuze s’inscrit dans le cadre du débat idéologico-esthétique instauré par Support / Surface. Au cours de l’été 1969, avec Bernard Pagès, Patrick Saytour et Claude Viallat, Dezeuze expose en plein air des toiles suspendues, offertes au vent, dans les rues de Coaraze, un petit village des Alpes-Maritimes. À l’occasion de l’exposition « Été 70 », qui se déroule dans les rues, dans la campagne, dans les bois et sur les plages, Dezeuze explicite la démarche commune de ces artistes : il s’agit de déconstruire « la relation de l’œil convergeant vers un monde figé » (catalogue de l’exposition Été 70, 1970), de libérer l’art de l’institution et des lieux traditionnels de son exposition, afin de renforcer son autonomie pour en faire la pure « démonstration ». Source Encarta |
|
Pour effectuer cette démonstration, tout en essayant de dépasser la « fausse alternative tableau / non tableau [...], c’est-à-dire les combinaisons subtiles mais closes du formalisme d’un côté, et les “ objets ” de l’anti-art de l’autre » (catalogue Été 70), les œuvres de Dezeuze mettent en question la notion même de tableau en le renvoyant à sa propre énigme. Ainsi, tandis que Viallat et Cane montrent des toiles privées de leur châssis, Dezeuze se défait, dès 1967, de l’écran pictural, de la surface peinte, pour ne plus montrer qu’un châssis appuyé contre le mur, suspendu, dont le critique Marcelin Pleynet, qui a pris part dès la fin des années soixante aux recherches théoriques engagées par Support / Surface, dira : « nous nous trouvons confrontés à la toile qui n’y est pas » (le Nouveau Grand Espace, 1971). Encarta |
Daniel Dezeuze (suite) |
Le vide fait donc partie intégrante des « tableaux » de Daniel Dezeuze qui, même s’il déploie ses œuvres dans les trois dimensions, dans l’espace, est à l’évidence un peintre dont la problématique se situe dans les expérimentations subjectiles de Support / Surface. Il démonte — et démontre — ce qui est intrinsèque à la peinture pour parvenir à un degré zéro du tableau. Car en ne donnant à voir que le cadre, le châssis, l’artiste remet fondamentalement en question les conditions nécessaires à l’accomplissement de la peinture, qui impliquent la planéité et la rigidité et la toile. De même, en déroulant à même le sol des échelles tressées ou des sortes de claies en bois souple, parfois teinté au brou de noix ou enduit de couleur (Échelle en bois souple déroulée au sol, 1970, galerie Yvon-Lambert, Paris), Dezeuze joue sur le rapport entre volume et plan. |
![]() |
Poursuivant son questionnement sur les codes et l’illusionnisme picturaux, Dezeuze travaille dans le courant des années soixante-dix à partir de matériaux comme la mousseline qu’il découpe et colore, ou produit des dessins tremblés, les collimateurs. Les années quatre-vingt se traduisent également dans le travail de Dezeuze par un retour à la figuration, tandis qu’il réalise un certain nombre de pièces avec des objets de récupération (portes, armes improbables, etc.). Dezeuze a participé aux grandes manifestations du groupe Support / Surface, notamment celle, inaugurale, organisée à l’ARC (musée d’Art moderne de la Ville de Paris) en 1970, ainsi qu’aux expositions de la Cité internationale de Paris et du théâtre municipal de Nice, en 1971. Source Encarta |