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L'Uruguay dans les troubles sociaux


Julio María Sanguinetti
Julio María Sanguinetti

Progressivement, les divers partis politiques sont de nouveau autorisés, une nouvelle élection présidentielle est organisée et se solde par la victoire de Julio María Sanguinetti, membre du Parti colorado, qui entre en fonctions le 1er mars 1985. Une loi d’amnistie couvrant les militaires responsables de violations des droits de l’homme entre 1973 et 1985 est votée en décembre 1986, puis confirmée par référendum en avril 1989. En novembre de la même année, Luis Alberto Lacalle du Parti national (ou Parti blanco) est élu président. La stagnation de l’économie, le poids de la dette extérieure et l’augmentation de l’inflation encouragent bientôt celui-ci à mettre en œuvre un plan d’austérité et à annoncer un programme de privatisations des entreprises publiques.

De graves troubles sociaux persistent au début des années 1990, en protestation contre la hausse de l’inflation, qui atteint 81 p. 100 en 1991, et contre le programme de privatisations. Au début de l’année 1993, une nouvelle monnaie appelée le pesouruguayen remplace le nuevo peso, pour un cours équivalent à mille fois celui de l’ancien, et le président annonce de nouvelles mesures d’austérité afin de réduire l’inflation.

L’élection de novembre 1994 voit à nouveau la victoire de Julio María Sanguinetti, du Parti colorado. Celui-ci se lance dans une réforme de l’État et tente de rendre le pays compétitif, notamment face à ses partenaires du Mercosur, auquel l’Uruguay a adhéré dès le mois de mars 1991.

L’année 1995 est dominée par des difficultés économiques se traduisant par la baisse des exportations et la chute de la production intérieure. En 1996, le président Sanguinetti entame une série de réformes structurelles, proches de celles mises en œuvre au Chili : modification du système des retraites, ouverture à la concurrence, etc. Parallèlement, la coalition au pouvoir obtient du Parlement la majorité nécessaire à l’organisation d’un référendum sur la révision de la Constitution.

En décembre 1996, cette réforme prévoyant la modification du système électoral (en introduisant un scrutin à deux tours) et élargissant les pouvoirs présidentiels est votée à une faible majorité : 50,2 p. 100 des suffrages exprimés. Elle entre en vigueur le 14 janvier 1997.

L'Uruguay dans les années 90


Jorge Battle, candidat du Parti colorado (centre-droit) au pouvoir, remporte l’élection présidentielle de novembre 1999 : avec 51,59 p. 100 des suffrages, il bat le candidat de centre-gauche Tabaré Vasquez, ancien maire socialiste de Montevideo. La coalition de gauche (le Frente Amplio, « front élargi ») — qui regroupe les socialistes, les communistes, les radicaux de gauche, les chrétiens-démocrates et d’anciens membres du Mouvement pour la libération nationale-Tupamaros —, dont il était le candidat, acquiert toutefois une majorité de sièges (40 p. 100) aux élections législatives. Par ailleurs, le président uruguayen est décidé à faire la lumière sur les années de dictature et sur le sort des disparus ; une commission de la paix est instaurée à cette fin en août 2000.

Affectée par les effets du marasme économique en Argentine et au Brésil, qui sont les principaux partenaires commerciaux du pays, l’économie uruguayenne entre à son tour en récession en 2000. La crise atteint son paroxysme à l’été 2002 avec la faillite du système bancaire, et une vague d’émeutes à Montevideo à la suite du gel des retraits bancaires. L’aide financière d’urgence fournie par les États-Unis et le FMI permet de sauver la situation. Incapable d’imposer ses réformes, le gouvernement de centre-droit de Jorge Battle subit un important échec en décembre 2003, alors que la majorité des électeurs se prononce pour la suppression d’une loi autorisant la privatisation partielle du secteur pétrolier.

L’élection présidentielle de 2004 confirme son impopularité : Guillermo Stirling, le candidat du Parti colorado au pouvoir, ne recueille que 10 p. 100 des suffrages, derrière le candidat du Parti national Jorge Larrañaga (34 p. 100). Le candidat de la coalition de gauche (le Frente Amplio) Tabaré Vasquez — ancien maire de Montevideo — remporte le scrutin avec plus de 50 p. 100 des suffrages dès le premier tour. Cette victoire marque un tournant dans la vie politique uruguayenne : pour la première fois dans l’histoire du pays, la gauche accède au pouvoir. Les élections législatives qui se déroulent simultanément donne la majorité à la coalition de gauche, qui remporte 53 des 99 sièges de la Chambre des députés. . Sources Encarta et Wikipedia

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