Démocratisation et reconstruction du Mozambique
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Carnet Photographique Mozambique |
Après quinze ans de guerre, des élections libres peuvent enfin être organisées en 1994. Le nouveau gouvernement, dirigé par Pascoal Mocumbi, entreprend de reconstruire le pays. Il faut rétablir la production alimentaire, réintégrer dans la société les anciens combattants, obtenir la restitution des armes en circulation et éliminer le banditisme. L’attention est surtout portée sur les dizaines de milliers d’enfants que le conflit a laissés orphelins, mutilés, n’ayant droit ni aux soins ni à l’éducation — durant le conflit, la Renamo a systématiquement enrôlé des enfants, enlevés dans leurs villages et soumis à des entraînements brutaux ; selon les études menées depuis, dans le sud du pays, les enfants-soldats, âgés de onze ans en moyenne, représentaient jusqu’aux deux tiers de certaines unités combattantes. |
En mars 1995, les institutions financières internationales accordent au Mozambique un prêt pour mettre en place les réformes économiques et réduire la pauvreté. Après son entrée dans la Communauté des pays de langue portugaise en juillet 1996, le Mozambique tente de régler les séquelles de la guerre et de ses alliances. Le banditisme est demeuré un problème majeur. Les anciens combattants n’ont pas tous rendu leurs armes, et sur un million d’armes légères en circulation dans le pays, seules 200 000 auraient été remises aux autorités. Les tensions entre le Frelimo au pouvoir et la Renamo sont toujours très fortes. |
En 1996, l’économie du pays a tout juste retrouvé le niveau de 1981 : le taux de chômage est proche de 40 p. 100, l’inflation a atteint 22 p. 100 et la dette extérieure a absorbé 35 p. 100 du montant des exportations. Néanmoins, la Banque mondiale et le FMI s’engagent dans un plan d’aide de trois ans, tandis que le Mozambique obtient une remise de 80 p. 100 de la dette par le Club de Paris. Les responsables attendent beaucoup de l’essor économique des pays voisins, dont le Mozambique est le débouché privilégié pour leurs exportations. Le « couloir de Maputo » qui relie la capitale et sa vaste baie aux régions industrielles sud-africaines est, en fait, le principal poumon du pays, en même temps que celui du Botswana, du Lesotho et du Swaziland. |
La situation politique reste cependant instable, et les relations entre le président Chissano et le chef de la Renamo demeurent tendues, notamment au lendemain des élections municipales de 1998 (boycottées par l’opposition) et, surtout, après les élections législatives et présidentielle de 1999. Alors que le président Chissano et le Frelimo en sortent vainqueurs, les manifestations de protestation de l’opposition débouchent sur une répression meurtrière, qui accentue les tensions entre le pouvoir et la Renamo. |
Une reprise du dialogue au début de l’année 2001 permet cependant le retour progressif à un fonctionnement régulier des institutions. Bénéficiant toujours du soutien des institutions financières internationales, Joaquim Chissano s’engage à lutter contre les deux principaux fléaux qui minent le pays : la corruption et la pauvreté — en dépit d’un taux de croissance d’environ 10 p. 100, la moitié des Mozambicains vit toujours dans la pauvreté, et le taux de chômage s’élève à 50 p. 100. Ces efforts sont toutefois menacés par les inondations catastrophiques qui dévastent le pays en février-mars 2000, faisant 500 morts et plus d’un million de sans-abri. Face à une économie en ruines, le Mozambique n’obtient du Club de Paris qu’une suspension de sa dette, à défaut de son annulation. Tributaire de l’aide internationale, le pays peine à attirer les investissements privés — le projet international le plus important concerne l’ouverture d’une nouvelle fonderie d’aluminium en septembre 2000. |
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Joaquim Chissano |
En décembre 2001, Joaquin Chissano annonce qu’il ne briguera pas de troisième mandat. Son successeur désigné au sein du Frelimo, Armando Guebuza, ancien ministre de l’Intérieur et riche homme d’affaires, remporte l’élection présidentielle de décembre 2004 avec 63,7 p. 100 des suffrages, face au leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, à la tête d’une coalition de plusieurs partis d’opposition. À l’issue des élections législatives, le Parlement est divisé entre le Frelimo et la Renamo, qui, avec respectivement 62 p. 100 et 29,7 p. 100 des voix, détiennent 160 et 90 sièges. Le scrutin se caractérise par un faible taux de participation (36,3 p. 100) ; en dépit de sérieuses irrégularités, il est considéré valide par les observateurs internationaux. "Mozambique" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
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