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Histoire de la Mauritanie : Le conflit du Sahara-Occidental et le coup d’État contre Moktar Ould Daddah
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En 1976, dans le cadre des accords de Madrid avec l’Espagne et le Maroc, la Mauritanie annexe le rio de Oro, une partie du Sahara espagnol, tandis que le Maroc se voit attribuer le reste du territoire. Mais un mouvement nationaliste saharien, le Front Polisario, composé de Sahraouis, d’anciens membres de l’armée de libération marocaine et d’opposants mauritaniens soutenus par l’Algérie, mènent une guérilla meurtrière qui affaiblit le pays et son président. En juillet 1978, le président Ould Daddah est renversé par un coup d’État mené par le lieutenant colonel Mustafa Ould Salek.

Celui-ci est bientôt remplacé par un autre officier, Mohamed Ould Louly, et, en août 1979, la Mauritanie accepte de se retirer du Sahara-Occidental pour y être aussitôt remplacée par le Maroc. Avec le renversement d’Ould Daddah, le pouvoir passe des mains des « marabouts » (le père de l’ancien président était un lettré respecté de Boutilimit au sud-ouest) dans celles des « guerriers », originaires de l’Adrar.

Un nouveau changement à la tête de l’État a lieu en 1980, lorsque le Premier ministre Mohamed Ould Haidalla prend la présidence du pays et renforce la loi islamique. Il résiste à un coup d’État en 1981, mais est destitué en 1984 par son chef d’état-major, le colonel Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya.

En 1989, des revendications pour un meilleur équilibre en faveur de la communauté négro-africaine entraînent une forte tension avec le Sénégal : des dizaines de milliers d’éleveurs noirs sont expulsés vers le Sénégal, qui renvoie parallèlement dans leur pays cent mille Mauritaniens vivant au Sénégal. Dans le même temps, les communautés s’affrontent violemment. Confronté aux critiques internationales pour le non-respect des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la communauté négro-africaine dont un demi-millier d’officiers et de soldats est exécuté en 1991, le président Ould Taya fait promulguer une nouvelle Constitution et instaure le multipartisme la même année.

Il est élu président en 1992, malgré une victoire contestée.

Membre de l’Union du Maghreb arabe, la Mauritanie demeure travaillée par des forces contradictoires : islamistes contre baasistes partisans de la laïcité, Maures contre Noirs du fleuve, émergence d’un mouvement protestataire des haratines (descendants d’esclaves) et en général des Noirs de langue hassanya. Dans ce contexte, le président Ould Taya renforce son régime empêchant de fait le déroulement du jeu démocratique ; les partis d’opposition légale sont tour à tour dissous et l’opposition divisée. Entachées de fraude, les élections qui se succèdent sont boycottées par l’opposition. Le président Ould Taya est reconduit au pouvoir en 1997. Si les partis de l’opposition font leur entrée à l’Assemblée nationale à l’occasion du scrutin législatif d’octobre 2001, l’hégémonie du

Mohamed Ould Haidalla
Mohamed Ould Haidalla
Parti républicain démocratique et social (PRDS), au pouvoir, n’est jamais remise en cause. Le pays, qui traverse une grave crise économique, parvient à rester à flot grâce à l’aide des institutions financières internationales dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel. Afin de bénéficier de ce soutien, ainsi que de celui des États-Unis, la Mauritanie a opéré dès 1999 une réorientation de sa politique étrangère en établissant des relations diplomatiques complètes avec Israël. Cette stratégie se confirme en 2003, tandis que la Mauritanie, ancien allié de Saddam Hussein, se range dans le camp américain lors de la guerre contre l’Irak.
Le 8 juin 2003, le président Ould Taya échappe à une tentative de coup d’État militaire, menée, d’après le régime mauritanien, par des islamistes radicaux. C’est donc dans une situation tendue qu’il affronte l’élection présidentielle de novembre 2003. Ses trois principaux concurrents sont l’ancien président Mohamed Ould Haidalla, l’opposant historique Ahmed Ould Daddah, et Messaoud Ould Boulkheir, leader des Haratines. Le président Ould Taya est réélu dès le premier tour avec 66,7 p. 100 des suffrages, à l’issue d’un scrutin vivement contesté par l’opposition, qui fait état de fraude massive et de harcèlement judiciaire — accusé de vouloir prendre le pouvoir par la force, Mohamed Ould Haidalla est interpellé quelques heures à la veille de l’élection, puis emprisonné au lendemain de l’annonce des résultats et relâché quelques mois plus tard. "Mauritanie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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