Carnet Photographique  - l'Islam
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Art de l'Islam et l'architecture religieuse arabe

Le Maghreb par Carnet Photographique
6/10/15

L'Islam - un art très raffiné

Art de l'Islam, production artistique, depuis le viie siècle, des régions de confession musulmane, situées au Moyen-Orient, en Afrique (essentiellement du Nord), en Inde septentrionale et en Espagne. Les traits dominants de l’art musulman sont l’ornementation calligraphique et la forme de la mosquée, qui se sont développées dès les origines de l’islam. L’art de l’islam apparaît en 622  — l’an 1 de l’hégire, dans le calendrier musulman —, lorsque le prophète Mahomet s’expatrie à Yathrib (aujourd’hui Médine, en Arabie saoudite). Si les premiers disciples de Mahomet, originaires de la péninsule Arabique, ont légué à l’islam un héritage littéraire oral, leur culture matérielle disparue n’avait rien de comparable à celle des empires conquis. Aussi, les traditions locales ont-elles servi de base à l’art de l’islam ; absorbées et adaptées, elles sont devenues communes au monde musulman.


Le monde musulman

L’histoire de l’art de l’islam classique compte trois grandes périodes : le califat omeyyade (661-750), période de formation pendant laquelle le territoire s’étend de la Syrie à l’Espagne ; le califat abbasside (750-1258), avec pour capitale Bagdad, illustre pour son goût des sciences et des arts (c’est au milieu de cette époque que l’influence persane est prédominante) ; enfin, la période turco-mongole qui dure jusqu’au xviiie siècle, dernière phase de l’islam classique. Des styles distincts sont associés à la période turco-mongole en fonction des dynasties et des régions qui la caractérisent : le style des Turcs seldjoukides qui dominent l’Iran (la Perse), l’Irak, la Syrie et l’Anatolie jusqu’au xiiie siècle ; celui des Ilkhans en Iran oriental (1256-1349) ; celui des Timurides, protecteurs de la culture iranienne en Iran occidental (1378-1502) ;

enfin, celui des Safavides, qui contrôlent l’Iran de 1502 à 1736. L’art connaît une période particulièrement riche sous les Ottomans, maîtres de la Turquie du xiiie siècle à 1923 et qui, au xvie siècle, étendent leur empire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des styles distincts se développent encore en Égypte, sous le règne des Fatimides (909-1171) et des Mamelouks (1250-1517).


Architecture religieuse

L'architecture religieuse arabe

Le rituel de la foi a donné naissance à deux édifices architecturaux spécifiques : la mosquée (masjid), lieu de rassemblement communautaire, et l’école coranique (medersa). L’architecture profane comprend les palais, les caravansérails et les villes, dont les plans compliqués intègrent le nécessaire accès à l’eau et aux abris contre la chaleur. Le mausolée est à la fois le tombeau d’un dirigeant ou d’un saint et le symbole du pouvoir. Tous ces édifices ont en commun de nombreux éléments structurels et décoratifs.

Les éléments caractéristiques de la mosquée sont apparus dès l’aube de l’islam. En 622, Mahomet s’expatrie à Yathrib (l’actuelle Médine, en Arabie saoudite) où, dans l’enceinte de sa modeste maison, ses compagnons se rassemblent pour prier. La forme simple de ce lieu est à l’origine de celle de la mosquée. C’était une cour fermée, rectangulaire, dotée d’un portique rudimentaire (zulla, utilisé à l’origine pour donner de l’ombre). Les premières mosquées, constituées d’une cour fermée (sahn) bordée de galeries ouvertes voûtées (iwan), et d’un bâtiment pour la prière, rappellent la structure de celle de Médine. Trois autres éléments de la mosquée sont bientôt caractéristiques de cet édifice : le minaret, tour du haut de laquelle le muezzin (le crieur) lance son appel cinq fois par jour ; la midha (latrines et salle d’ablutions) où les fidèles se purifient avant d’entrer dans la mosquée ; enfin la qibla, mur indiquant la direction vers laquelle s’oriente la prière. Le mihrab, une niche creusée dans la qibla, détermine l’organisation et l’orientation de l’espace de toutes les mosquées du monde.

Mosquée de Tunis. Photo E. Buchot

Autre caractéristique de l’architecture musulmane, le dôme provient des traditions sassanides et chrétiennes. Datant de la fin du viie siècle, le dôme du Rocher, à Jérusalem, est l’un des dômes les plus anciens et les plus imposants ; il indique l’endroit d’où Mahomet a fait de nuit le voyage céleste (Mi’raj). Lorsque l’influence turco-ottomane s’accroît, les mosquées de type ottoman — qui reflètent l’héritage byzantin — sont construites dans tout l’empire. Celle de Sélim II (sultan de 1566 à 1574), conçue par l’architecte turc Sinan à Edirne, possède une coupole précédée d’une cour à arcades et entourée de dômes. Cette disposition rappelle la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, bel exemple d’édifice religieux byzantin transformé en mosquée. Cette forme, utilisée pour la mosquée de Soliman le Magnifique (la mosquée Süleymaniye, 1550-1557), influence la conception des mosquées en Turquie, en Syrie, en Égypte, en Arabie et en Afrique du Nord.

Probablement d’origine syrienne, adapté par les Omeyyades, utilisé dans les mosquées abbassides, puis en Égypte aux ixe et xe siècles, l’arc en ogive apparaît dans les mosquées mameloukes à partir du xiiie siècle.

"Déserts" © Sources utilisées : Encarta et Wikipedia.

Minaret de mosquée