Carnet Photographique : France
L'agriculture française
Carnet Photographique Paris

En 2002, le secteur primaire employait 4 p. 100 de la population active (contre 10 p. 100 en 1975) et contribuait à hauteur de 2,7 p. 100 du PIB (4,8 p. 100 en 1977). La France demeure cependant une grande puissance agricole, qui assure à elle seule plus de 20 p. 100 de la production de l’Union européenne. Les terres arables représentent environ 35,7 p. 100 de la superficie du pays (33 millions d’hectares cultivés contre 18 millions en Grande-Bretagne et en Italie). La tradition agricole de la France repose sur une mise en valeur ancienne de son territoire, grâce à un climat et à des sols globalement très favorables, soit naturellement (limons de plateaux du Bassin parisien, sols bruns forestiers), soit après intervention de l’homme (amendement, drainage, chaulage, fertilisation par engrais, etc.), à l’image de la Champagne pouilleuse devenue, grâce à des apports massifs d’engrais, une riche campagne céréalière.L’agriculture française a réalisé, à partir des années 1950, une profonde modernisation de ses structures et de ses modes de production. Cette transformation a été soutenue par l’État dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) développée par la Communauté économique européenne (CEE). La France est aujourd’hui le premier pays agricole de l’Union européenne (à la fois 1er producteur et 1er exportateur européen) et le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires. La balance agricole est toujours excédentaire (7,62 milliards d’euros en 2001).

Restructuration du secteur agricole

La PAC a mis l’accent sur l’amélioration de la productivité et sur l’intensification de la production. La modernisation de l’agriculture s’est traduite par une baisse massive du nombre d’exploitations et d’actifs agricoles (substitution du travail par le capital), une augmentation de la taille moyenne des exploitations, le doublement des surfaces irriguées, le développement d’une agriculture intensive et une forte hausse des rendements et de la productivité. Celle-ci a été permise par le remembrement partiel des terres agricoles (regroupement des parcelles pour répondre aux besoins de la mécanisation), la mise au point de nouveaux procédés de stockage et de conservation frigorifique, une spécialisation croissante des cultures et l’ouverture des marchés négociée dans le cadre de la PAC et des accords de l’OMC. D’autres facteurs sont intervenus dans cette modernisation : une mécanisation et une motorisation très poussées, le développement de l’irrigation (irrigation par aspersion notamment), qui a permis, entre autres, la mise en culture de la plaine de la Crau, le drainage de zones inondées et insalubres (Marais poitevin), l’introduction de nouvelles techniques (amendement des sols, engrais chimiques, pesticides, élevage hors sol, etc.) et de nouvelles espèces agricoles, grâce à une sélection accrue des espèces animales et végétales par la génétique. La production agricole a connu une très forte croissance entre 1960 et 1990, de l’ordre de 2 p. 100 par an. La production de blé a plus que doublé, les rendements moyens à l’hectare passant de 26 quintaux à 70 quintaux, tandis que les rendements de la production laitière passaient de 2 000 l par vache à près de 4 500 l au début des années 1990. La productivité de l’agriculture française reste cependant moyenne face à certains de ses principaux concurrents. Encarta

L'agriculture française
L'agriculture française. Photo d'E. BUCHOT
Evolutions des exploitations agricoles

On compte aujourd’hui un peu plus de 735 000 exploitations. En 1970, 70 p. 100 des exploitations couvraient moins de 20 ha. Un grand nombre d’entre elles ont aujourd’hui disparu. Parallèlement, la taille moyenne des exploitations s’est accrue : elle est ainsi passée de 15,9 ha en 1963 à 39 en 2001. Si les exploitations de 10 à 30 ha sont encore nombreuses, elles n’occupent plus que 8,5 p. 100 de la surface agricole utile (SAU), alors que les exploitations de plus de 100 ha détiennent à elles seules 39 p. 100 de la SAU. La plupart des grandes exploitations (plus de 50 ha) se concentrent dans la moitié septentrionale de la France.

La modernisation de l’agriculture a nécessité de lourds investissements, qui n’ont pu être réalisés qu’au prix d’un endettement considérable du monde agricole ; elle a par ailleurs donné naissance à une agriculture à deux vitesses. À côté des exploitations très rentables (grandes exploitations céréalières du Bassin parisien, petites exploitations spécialisées dans des cultures à forte valeur ajoutée de type primeurs ou vignobles de grande qualité), véritables entreprises productivistes et capitalistes, de nombreuses petites et moyennes structures sont peu rentables, fortement endettées, souvent marginalisées ou mal intégrées dans les grands circuits commerciaux. Encarta