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La lente marche vers l'adhésion à l'Europe


Tarja Halonen
Tarja Halonen

En février 1994, Martti Ahtisaari succède à Mauno Koivisto et nomme, en mai 1995, le social-démocrate Paavo Lipponen à la tête du gouvernement. Il favorise la coopération avec les autres pays d’Europe du Nord. En mars 1992, la Finlande présente sa candidature officielle à l’entrée dans l’Union européenne (UE). Cette candidature est approuvée par référendum, avec 57 p. 100 de suffrages favorables, en octobre 1994. La Finlande adhère officiellement à l’Union européenne en janvier 1995.

Se remettant lentement de la récession des années 1990 à 1993, la Finlande connaît, en 1997 et en 1998, un excédent record de sa balance commerciale, tandis que le chômage poursuit sa décrue. Grâce à ses bons résultats (son déficit public ne dépasse pas alors 1,3 p. 100 du PIB), elle fait partie des onze pays européens sélectionnés en mai 1998 pour intégrer l’Union économique et monétaire (UEM), le 1er janvier 1999. En 1998, la Finlande ratifie le traité d’Amsterdam et assure la présidence tournante de l’Union européenne de juillet à décembre 1999.

Malgré la politique d’austérité imposée par le gouvernement, les sociaux-démocrates remportent les élections du 21 mars 1999. Paavo Lipponen, reconduit dans ses fonctions, forme un gouvernement de coalition droite-gauche, allant des communistes aux conservateurs. Lors des élections européennes du 13 juin 1999, les conservateurs obtiennent 25,3 p. 100 des suffrages, soit 4 députés au Parlement européen, tandis que les centristes obtiennent 21,3 p. 100 des voix (4 députés également), les sociaux-démocrates 17,8 p. 100 et les Verts 13,4 p. 100. Par ailleurs, le président Martti Ahtisaari, est désigné comme représentant de l’Union européenne dans le conflit du Kosovo.

Le 6 février 2000, Tarja Halonen, ministre des Affaires étrangères depuis 1995 et candidate des sociaux-démocrates, remporte l’élection présidentielle avec 51,6 p. 100 des suffrages, face à Esko Aho, le candidat du Parti du Centre qui en recueille 48,4 p. 100. Le taux de participation très élevé atteint 80,2 p. 100. Âgée de cinquante-six ans, Tarja Halonen, qui entre en fonction le 1er mars 2000, est la première femme à accéder à la présidence de la République en Finlande. Elle succède à Martti Ahtisaari, qui ne s’est pas représenté. Lors des élections législatives au mois d’octobre suivant, la coalition gouvernementale groupant sociaux-démocrates (23 p. 100 des suffrages), conservateurs (20,8 p. 100) et Verts s’impose face au Centre qui recueille 23,8 p. 100 des suffrages.

Les Verts obtiennent 23,5 p. 100 des voix à Helsinki, un score inédit dans la capitale. Alors que le taux de croissance connaît une forte embellie en 2000 (5,7 p. 100), la Finlande est le seul des trois pays nordiques de l’Union européenne à passer à l’euro le 1er janvier 2002. Après le vote par le Parlement de la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, les Verts se retirent du gouvernement au mois de mai 2002.

Les élections législatives de mars 2003 voient le Parti du centre remporter une courte victoire avec 24,7 p. 100 des suffrages (55 sièges), devant les sociaux-démocrates qui obtiennent 24,5 p. 100 des suffrages (53 sièges). Le gouvernement de Paavo Lipponen est sanctionné pour ne pas avoir réussi à faire baisser le chômage. Toutefois, la responsable du Parti du centre, Anneli Jaeaetteenmaeki, forme au mois d’avril une vaste coalition qui rassemble les centristes, les sociaux-démocrates et le parti représentant la minorité suédoise. Elle est la première femme à devenir Premier ministre en Finlande, mais elle démissionne dès le mois de juin à la suite de ce que la presse qualifie d’Irakgate. Au cours de la campagne électorale, elle avait en effet affirmé être en possession de documents confidentiels attestant que Paavo Lipponen entendait faire participer la Finlande à une opération militaire en Irak, en dépit de la neutralité du pays et sans un vote préalable du Parlement. Elle est remplacée par le vice-président du Parti du centre, qui a été brièvement ministre de la Défense, Matti Vanhanen. Il devient président du Parti du centre au mois d’octobre suivant. "Finlande" " Ecrit par et Encarta

Les élections européennes de juin 2004 se traduisent par une courte victoire du Rassemblement conservateur (KOK) avec 23,70 p. 100 des suffrages (4 sièges sur 14), devant le Parti du centre (23,30 p. 100 des suffrages, 4 sièges) et le Parti social-démocrate (21,10 p. 100, 3 sièges), tandis que les écologistes (VIHR), les ex-communistes (VAS) et le parti de la minorité suédoise (SFP) obtiennent chacun 1 siège. En janvier 2006, Tarja Halonen est réélue à la présidence de la République avec 51,8 p. 100 des suffrages. Au mois de juillet 2006, la Finlande prend la présidence de l’Union européenne pour six mois et, au mois de décembre suivant, le Parlement finlandais ratifie le projet de traité constitutionnel européen par 125 voix contre 39. À l’approche du scrutin législatif de mars 2007, 80 p. 100 des électeurs jugent positive l’action du gouvernement de Matti Vanhanen, sous le mandat duquel la croissance a augmenté (6 p. 100 en 2006), de même que le pouvoir d’achat, tandis que le chômage a reculé (10,1 p. 100 en 2006) ainsi que la fiscalité. Pourtant si le parti du Premier ministre arrive en tête de justesse, il est en léger recul (23,10 p. 100 des suffrages et 51 sièges), devant le Rassemblement conservateur qui est pour sa part en progression (22,30 p. 100 des suffrages et 50 députés). L’autre partenaire de la coalition sortante, le Parti social-démocrate, est le grand perdant du scrutin, puisqu’il est relégué à la troisième place, pour la deuxième fois de son histoire seulement (21,40 p. 100 des suffrages et 45 sièges) et semble faire les frais des sacrifices qui ont été nécessaires à la sortie de la crise économique des années 1990. Matti Vanhanen, reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, s’allie cette fois avec le Rassemblement conservateur, coalition qui comprend également les Verts et le Parti du peuple suédois. Baisse des impôts et créations d’emploi sont les priorités du nouveau gouvernement, qui comprend douze ministres femmes pour huit hommes.

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