La littérature dans la France de l'entre deux guerres : Poésie et théâtre
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Même si l’essentiel de la poésie subit, à cette époque, l’influence du surréalisme, des voix singulières se font toutefois entendre. Tôt fasciné par les symbolistes, Paul Valéry se consacre à la poésie avant de s’en détourner pour préférer des écrits purement intellectuels, où priment la rigueur mathématique et la maîtrise de la pensée (la Soirée avec Monsieur Teste, 1896, publiée en 1919). Revenant à la poésie, il cherche à en faire un pur exercice de la pensée ; parmi ses recueils, citons l’Album de vers anciens(œuvres de jeunesse réunies en 1920), la Jeune Parque (1917) et Charmes (1922), qui allient la beauté formelle rigoureusement maîtrisée, le sentiment et l’intelligence. Ses essais critiques demeurent pour leur part d’une autorité novatrice et incontestée. L’œuvre d’Henri Michaux n’est pas moins singulière. Poète et peintre de l’expérimentation, il crée un univers particulier, dominé par un sentiment d’étrangeté : le sujet, chez Michaux, est une sensibilité à vif, qui cherche le repli sur soi et se trouve confronté à toutes sortes d’agressions verbales et physiques — Qui je fus, 1927 ; Mes propriétés, 1929 ; Plume, 1938 (1930 dans une précédente version sous le titre Un certain Plume) ; La nuit remue, 1935. |
Le théâtre |
Le théâtre de l’entre-deux-guerres reste encore très marqué par la tradition. Le théâtre de boulevard, notamment, est roi ; souvent médiocre, ce genre populaire est porté à sa perfection avec des auteurs comme Sacha Guitry, dramaturge prolixe, cinéaste et homme de théâtre accompli, à qui l’on doit en particulier Faisons un rêve (1918), Désiré (1927) et Quadrille (1938). |
Alors que Jean Giraudoux crée une nouvelle poésie dramatique et humaniste en adaptant des thèmes empruntés aux mythes antiques pour exprimer des réalités contemporaines (Amphitryon 38, 1929 ; La guerre de Troie n’aura pas lieu, 1935 ; Ondine,1939), quelques personnalités comme le Belge Michel de Ghelderode étonnent et choquent par la violence de leur discours et l’expressionnisme de leur dramaturgie (la Mort du docteur Faust, 1925 ; Hop signor !, 1935). Antonin Artaud, séparé du mouvement surréaliste en 1924, choque lui aussi ses contemporains en se livrant à une recherche esthétique tout à fait personnelle, influencée par l’usage des drogues et par sa propre folie, et livre une théorie du « théâtre de la cruauté » (le Théâtre et son double, 1938) qui aura une influence importante sur la dramaturgie dans la seconde moitié du siècle. |
Armand Salacrou se distingue comme l’auteur d’une œuvre aux multiples facettes, traitant de problèmes contemporains (le Casseur d’assiettes, 1924) ; |
Jules Romains compose des pièces sur le mensonge, le pouvoir et la manipulation, dont la plus célèbre est Knock (1924), tandis que Jean Cocteau, habile touche-à-tout littéraire, crée non seulement un ballet, Parade (1917), mais s’illustre aussi comme dramaturge avec des pièces symboliques et poétiques comme Orphée (1927) ou la Voix humaine (1930). Une nouvelle génération de metteurs en scène qui font un vrai travail d’auteur à partir du texte dramatique, s’impose alors avec des gens comme Jacques Copeau, Louis Jouvet, Charles Dullin ou Georges Pitoëff. "littérature française" Encyclopédie Microsoft® Encarta |
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Jules Romains |