Les différents styles romans
|
Carnet Photographique France |
Dans les régions normandes, il n’existe pas de rupture profonde entre les deux phases de l’architecture romane, certains traits apparus tôt au XIe siècle se poursuivant dans la première moitié du siècle suivant. Les nefs sont le plus souvent charpentées, alors que les bas-côtés sont voûtés (Notre-Dame de Jumièges, fin du XIe siècle). Le type de chevet le plus courant reste celui à chapelles échelonnées (Boscherville, v. 1120). L’élévation est à trois niveaux, avec au centre soit des tribunes (Saint-Étienne de Caen, seconde moitié du XIe siècle), soit des arcatures aveugles ou ouvrant sous les combles (abbatiale du Mont-Saint-Michel), le mur étant dédoublé au niveau des fenêtres hautes afin de créer des jeux de transparence lumineuse (mur ouest du transept de Bernay, v. 1040 ; nef de Cerisy-la-Forêt, fin du XIe siècle). |
Le seul changement notable des architectes normands autour de 1100 est l’adoption de la voûte d’ogives pour couvrir le vaisseau central, sans que cela modifie la structure générale de l’édifice. |
Dans le sud-ouest de la France, la solution la plus couramment adoptée consiste à couvrir le vaisseau unique de la nef par une file de coupoles sur pendentifs ; elles reposent sur des arcs très larges, légèrement brisés et portés par de puissantes piles (Saint-Étienne de Cahors et Saint-Pierre d’Angoulême, v. 1110). Dans les régions du Rhin et de la Meuse, le poids de la tradition ottonienne est encore très présent. Les pays germaniques sont très imprégnés de l’art ottonien. Ainsi, à Maria Laach (en Rhénanie), l’abbatiale bénédictine est dotée de deux sanctuaires opposés. |
L’Angleterre subit quant à elle la même évolution architecturale que les régions normandes. Caractéristique de ce style anglo-normand, la cathédrale de Durham (édifiée à partir de 1093) est l’un des premiers exemples de voûtes en ogives surmontant la nef. |
Durant la période romane, l’Espagne revient au christianisme après la conquête de Tolède (1085). C’est avec le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle que l’art espagnol va prendre de l’ampleur. Si elle est achevée durant la période suivante du gothique, la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle est dotée de trois portails de style roman. L’Italie du Nord utilise la voûte d’ogives, comme en atteste la basilique Saint-Ambroise de Milan (fin du XIe siècle). En Italie centrale, l’héritage paléochrétien se maintient fortement dans la structure des églises, avec des nefs charpentées et deux niveaux (San Miniato al Monte à Florence, XIIe siècle). Toutefois, en Toscane, les façades plates reçoivent un traitement particulier : plusieurs niveaux d’arcatures et utilisation de marbres bicolores (façade de la cathédrale de Pise, sur le Campo dei Miracoli). La Sicile enfin, carrefour de civilisations, subit de multiples influences, plus particulièrement normande et byzantine, conférant de très forts particularismes à l’architecture, comme en témoigne la chapelle palatine de Palerme (1132-1140) au chœur surélevé couvert d’une vaste coupole. "Art roman" Encyclopédie Microsoft® Encarta |
![]() |
basilique Saint-Ambroise de Milan. Source encyclopedie.bseditions.fr |