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La Grande Révolution culturelle prolétarienne en Chine
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Le bilan catastrophique du Grand Bond en avant a affaibli Mao Zedong, critiqué par de nombreux dirigeants, et mis en avant Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, qui s’attachent à redresser le pays. De 1962 à 1965, une lutte sourde oppose, au sein du régime, les modérés aux extrémistes. Mao et ses partisans organisent la Grande Révolution culturelle, destinée à raviver l’esprit révolutionnaire, afin de récupérer le pouvoir qui leur échappe. Celle-ci commence à l’automne 1965 par une critique des milieux intellectuels et universitaires dans les organes de presse. Le 25 mai 1966, dans un dazibao (affiche révolutionnaire), Nie Yuanzi, une enseignante en philosophie à l’université de Pékin, attaque avec une violence inouïe le recteur dont elle dépend. Le 5 août, Mao écrit un article dont le slogan « Bombardez le quartier général » va faire le tour de la Chine. À la mi-juillet naissent à Pékin, sous la direction de Lin Biao, les premières organisations de Gardes rouges rassemblant de jeunes Chinois âgés de 15 à 20 ans, qui, à l’appel de Mao, se livrent à des manifestations de masse. Plus de 13 millions de jeunes — lycéens, étudiants, jeunes ouvriers venus de tout le pays — défilent sur la place Tian'anmen, à Pékin, à partir du 18 août 1966.

Effets et conséquences
Le mouvement est ensuite savamment entretenu par Mao, dont les pensées sont résumées dans le « Petit Livre rouge », publié en octobre 1966. Il s’appuie à la fois sur l’Armée populaire de libération (APL), sur les Gardes rouges et sur de grandes figures du communisme chinois comme Zhou Enlai, Lin Biao ou Jiang Qing, la propre femme de Mao et l’un des membres les plus actifs de la Bande des Quatre. La révolution culturelle attaque surtout les intellectuels, les artistes, les universitaires, les cadres du Parti et les anciens bourgeois.

Puis, avec l’aval de Mao, elle s’étend au monde du travail. Battus parfois à mort, humiliés publiquement, de nombreux dirigeants, y compris le chef de l’État, Liu Shaoqi, sont destitués et exclus du Parti. Certains se suicident ; d’autres, comme Liu Shaoqi, décèdent des suites de leurs mauvais traitements. Les écoles sont fermées et l’économie complètement désorganisée. C’est dans ce climat chaotique que le général de Gaulle, en 1966, renoue des relations diplomatiques avec Pékin, bientôt imité par d’autres chefs d’État.

Entre 1967 et 1968, des combats sanglants opposent maoïstes et antimaoïstes, ainsi que les diverses factions des Gardes rouges. Plusieurs milliers de Chinois périssent au cours de ces affrontements.

On se bat au canon dans les rues de Canton, tandis que les convois d’armes pour le Viêt Nam sont pillés. Les dirigeants se retrouvent rapidement débordés par les Gardes rouges. En dernier recours, l’armée, sous la conduite de Lin Biao, se pose en arbitre. Les Gardes rouges sont désarmés, renvoyés dans leurs écoles ou expédiés dans des régions reculées pour y travailler.

La Révolution culturelle a un effet négatif sur les relations étrangères. Les Gardes rouges sont à l’origine d’émeutes violentes à Hong Kong. La propagande en leur faveur et l’agitation de certains Chinois d’outre-mer enveniment les rapports de la Chine avec de nombreux États, notamment l’URSS. Un essai réussi de bombe H chinoise en 1967 aggrave encore l’inquiétude des Soviétiques. La tension entre les deux pays s’accroît lorsque les Chinois accusent les dirigeants de Moscou d’impérialisme après l’intervention du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie (1968). En 1969, des incidents frontaliers opposent des gardes-frontières soviétiques et chinois sur les rives de l’Oussouri, en Mandchourie.

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Les gardes rouges de la Chine
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