Production littéraire de l'Allemagne de l'ouest de l'après guerre
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Carnet Photographique Allemagne |
Après la chute du régime hitlérien, un renouveau considérable se manifeste dans la littérature d’Allemagne de l’Ouest et, malgré la censure appliquée par le régime, également dans la production littéraire d’Allemagne de l’Est. Le vide relatif laissé par la ruine matérielle du pays et par la liquidation de l’héritage moral et linguistique du nazisme est dans un premier temps comblé par les zones périphériques, la Suisse et surtout l’Autriche, dont la place ne cesse d’ailleurs de grandir. |
Expressionnistes par leurs situations et leurs personnages, les comédies amères et pessimistes de l’écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt développent une satire de l’époque contemporaine en empruntant souvent l’aspect de la fable symbolique, de la parabole ou de la moralité (la Visite de la vieille dame, 1955). Son compatriote Max Frisch, admirateur de Bertolt Brecht, témoigne, dans ses pièces, d’une indifférence presque totale à la psychologie, à l’atmosphère, à l’étude des mœurs ; ses pièces sont des farces ou des satires du monde moderne et de ses mécanismes. Dürrenmatt et Frisch tentent tous deux d’illustrer les phénomènes de masse dans un théâtre qui reprend intentionnellement la parabole brechtienne, mais en la privant de toute conclusion idéologique. |
L’influence autrichienne s’étend encore dans les années 1970, grâce notamment aux récits et aux poèmes d’Ingeborg Bachmann ; avec des tonalités romantiques qui peuvent sembler légèrement désuètes, ces œuvres traitent de sujets contemporains, notamment la condition de la femme dans une société conçue par les hommes et pour les hommes (Malina, 1971 ; Simultan, 1972). |
Des récits traitant de la guerre et de ses conséquences foisonnent en Allemagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale, que ce soit sous la forme autobiographique et plaintive adoptée par Wolfgang Borchert (1921-1947) dans sa pièce Devant la porte(1947), qui relate son expérience de soldat et sa difficulté à trouver sa place dans l’Allemagne d’après-guerre, ou sous la forme classique de la fiction, à la manière de Hans Erich Nossack (1901-1977) ou d’Alfred Andersch, qui célèbre la désertion, le refus de s’engager, comme une forme de liberté. Arno Schmidt (1914-1979) contribue au renouvellement des formes de la prose, avec des textes où se mêlent volontiers les codes et les genres, comme Scènes de la vie d’un faune (1953), Cœur de pierre (1956) ou encore dans la somme inclassable intitulée le Rêve de Monsieur fiche (1970). |
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Alfred Andersch |
La pièce radiophonique (« Hörspiel ») devient après la guerre une nouvelle et prometteuse forme d’art. De nombreuses œuvres, consacrées à l’analyse de la vie moderne, sont ainsi écrites par des auteurs également connus comme poètes et nouvellistes, comme Günther Eich (1907-1972), Wolfgang Weyrauch (1907-1980), Ilse Aichinger (née en 1921) et Siegfried Lenz, ce dernier étant principalement connu pour son roman la Leçon d’allemand (1968). "Littérature allemande" Encyclopédie Microsoft® Encarta |