Essor de l'économie chinoise
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Carnet Photographique Chine |
Déjà touchée en août 1998 (et à nouveau pendant l’été 1999) par de graves inondations du Yang-tseu-kiang, qui ont affecté plus de 250 millions de Chinois, l’économie, jusque-là épargnée par la crise asiatique et qui a amorcé une transition prudente vers une économie « socialiste de marché » (secteur privé reconnu par un amendement de la Constitution en 1999), connaît une forte crise financière en 1999, essentiellement due à la chute des exportations et aux faillites bancaires répétées. Malgré une forte croissance du PIB (8 p. 100 en moyenne entre 1997 et 1999) et de la production industrielle, le chômage frappe sévèrement les Chinois, et la précarité des situations individuelles, y compris dans les entreprises publiques, accroît fortement la pauvreté ainsi que les inégalités. |
Sur le plan régional, les relations avec l’Inde se tendent après les essais nucléaires conduits par ce pays (1998) et la réponse de son voisin, le Pakistan, dont les essais ont été favorisés par une aide chinoise. En décembre 1999, des accords frontaliers sont passés entre la Chine et la Russie, d’une part, la Chine et le Viêt Nam, d’autre part. Également en décembre 1999, la Chine célèbre la rétrocession de Macao, qui met fin à 442 ans de présence portugaise. |
Macao devient, comme Hong Kong, une région sous administration spéciale, selon le principe « un pays, deux systèmes ». Les rapports avec Taïwan, qui a élu en mars 2000 son nouveau président, restent tendus ; Pékin, désirant « sauvegarder l’intégrité territoriale du pays », déclare que « l’indépendance de Taïwan, c’est la guerre », et continue à renforcer son armement (augmentation conséquente de son budget militaire). Mise hors la loi en juillet 1999, la secte Falungong, qui revendique plus de 80 millions d’adhérents, sème à nouveau le désordre dans la capitale en mai 2000, et les autorités procèdent à de nouvelles interpellations. Quant à l’épineuse question de l’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), elle enregistre de nets progrès : |
le 19 mai 2000, les négociateurs européens et chinois signent un accord préalable à l’adhésion de la Chine à l’OMC, par lequel celle-ci s’engage à abaisser ses droits de douane sur certains produits et à faciliter l’investissement européen sur son territoire. Quelques jours plus tard, la Chambre des représentants américaine adopte une loi de normalisation des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, permettant de libéraliser les échanges entre les deux pays. |
Si la conjoncture économique demeure favorable, la situation diplomatique se dégrade au contraire, en particulier avec les États-Unis. En effet, l’arrivée du républicain George W. Bush au pouvoir contribue à un refroidissement important des relations sino-américaines. Comme ses prédécesseurs, Reagan et Bush, il se montre critique à l’égard du régime communiste, affirmant que les désaccords avec Pékin sont nombreux, notamment dans le domaine des droits de l’homme, de la liberté religieuse et de l’évolution de la région Asie-Pacifique. En avril 2001, un avion espion américain, EP-3, est contraint d’atterrir en Chine après une collision avec un avion de chasse chinois. Durant une douzaine de jours, l’équipage américain de 24 personnes est retenu par Pékin qui exige des excuses de Washington après la disparition du pilote chinois. Au terme d’un véritable bras de fer diplomatique, l’équipage est libéré après que George W. Bush a exprimé des regrets officiels. Quelques jours plus tard, le président américain annonce la volonté américaine de continuer à aider militairement Taïwan, par la vente de bateaux et d’avions de guerre, provoquant une vive réaction de Pékin, où les militaires voient se renforcer leur influence auprès des dirigeants du parti. En juillet, Pékin est choisie par le Comité international olympique (CIO) pour accueillir les jeux Olympiques en 2008. Ce sera la première fois que la Chine organisera la plus grande manifestation sportive mondiale. |
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Zhu Rongji |
Cette élection suscite la joie des habitants de Pékin, mais elle est déplorée par les défenseurs des droits de l’homme qui militaient contre l’attribution des Jeux à la Chine. Au mois de septembre 2001, après quinze ans de discussions, un accord est finalement signé à Genève entre la Chine et ses partenaires commerciaux en vue de l’adhésion de Pékin à l’OMC. Elle est formellement entérinée au mois de décembre lors de la conférence de l’OMC à Doha (Qatar). Dans l’optique de cette nouvelle donne économique, les entreprises chinoises se réorganisent fébrilement afin de faire face à la concurrence internationale. |
Les entrepreneurs chinois sont au cœur de la pensée de Jiang Zemin, lors de son discours d’ouverture du XVIe Congrès du Parti communiste, au mois de novembre 2002, alors qu’il loue le rôle joué par les « couches sociales avancées » dans la modernisation du pays. Ce Congrès est l’occasion pour le président chinois d’annoncer son retrait de la scène politique et de désigner son successeur, à la fois à la tête du pays et du parti, en la personne de Hu Jintao. Cette succession, effective en mars 2003, marque un rajeunissement de la classe politique dirigeante : Hu Jintao, âgé de 59 ans, inaugure en effet la « quatrième génération » des cadres communistes depuis la naissance de la République populaire. |
Elle s’accompagne en outre d’un changement à la tête du gouvernement qui confirme cette tendance : Wen Jiabao (60 ans), qui succède à Zhu Rongji au poste de Premier ministre, présente un profil de technocrate consensuel, similaire à celui du nouveau numéro un chinois. Toutefois l’ancien président Jiang Zemin ne disparaît pas totalement de la vie politique, puisqu’il conserve la présidence de la Commission militaire centrale. Au printemps 2003, le pays connaît une très grave crise sanitaire liée à l’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), probablement née dans la province de Guangdong. Alors que les dirigeants chinois ont longtemps gardé le silence sur l’apparition de cette épidémie de pneumopathie atypique, favorisant ainsi sa propagation, ils sont contraints de présenter des excuses publiques pour avoir sous-estimé la gravité de la situation. Le ministre de la Santé est limogé, ainsi que le maire de Pékin. Au mois de juillet 2003, le bilan de l’épidémie en Chine continentale est de 5 327 cas et 348 décès. Sur le plan international, l’année 2003 est marquée par la visite officielle d’Atal Bihari Vajpayee, la première visite en Chine d’un Premier ministre indien depuis dix ans. Cette visite marque un tournant dans les relations entre les deux puissances asiatiques, altérées par le conflit territorial qui les oppose depuis la guerre sino-indienne de 1962, et ouvre la voie à leur rapprochement économique. |
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Hu Jintao, président chinois |
Dans une déclaration sur les principes régissant leurs relations bilatérales et la coopération, l’Inde reconnaît la souveraineté de la Chine sur la région autonome du Tibet, tandis que la Chine accepte l’appartenance du Sikkim à l’Inde. Au mois d’octobre 2003, la Chine s’impose comme une grande puissance scientifique et technologique en réussissant son premier vol spatial habité, un succès qui revêt aussi une dimension patriotique considérable. Le pays poursuit sa libéralisation économique en amendant sa Constitution en mars 2004, afin d’y inscrire la protection de la propriété privée. Sur le plan politique, la transition en douceur s’achève en septembre 2004 par la démission de Jiang Zemin de la présidence de la Commission militaire centrale, au profit de Hu Jintao. "Chine" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
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