Ecrits en prose allemands au 19ème siècle
|
Carnet Photographique Allemagne |
Parmi les conteurs populaires du milieu du XIXe siècle se trouve la poétesse Annette von Droste-Hülshoff, connue surtout pour sa nouvelle le Hêtre aux Juifs (1842), une œuvre originale contenant de nombreuses et minutieuses descriptions de la nature. La même forme de naturalisme caractérise les romans de l’écrivain autrichien Adalbert Stifter, dont l’Été de la Saint-Martin (1857) et Witiko (1865-1867) sont les œuvres les plus connues. L’œuvre du poète et romancier suisse Gottfried Keller marque la transition entre le romantisme et le réalisme « poétique » ; c’est le cas surtout avec son roman autobiographique Henri le Vert (1854-1855). La vie rurale et les difficultés rencontrées par les individus dans une société en voie d’industrialisation sont représentées par le romancier Albert Bitzius, plus connu sous le pseudonyme de Jeremias Gotthelf (1797-1854). |
C’est également à la vie des gens simples que Wilhelm Raabe (1831-1910) emprunte les thèmes de ses récits, où il exprime une soif inextinguible d’idéal et d’absolu qui n’est pas sans rapport avec la pensée de Schopenhauer. |
Conrad Ferdinand Meyer fait intervenir des personnages médiévaux dans un grand nombre de ses ballades et de ses récits. L’appartenance des êtres humains au monde naturel, l’unité de l’Homme et du monde de la nature, sont des thèmes récurrents dans la poésie et les nouvelles de Theodor Storm, auteur de sensibilité romantique qui devient l’un des principaux représentants du réalisme poétique en Allemagne. Immensee (1851), un de ses récits les plus connus, est un conte lyrique et nostalgique traitant de l’enfance. Il adopte par la suite un style plus sombre, caractéristique de son chef-d’œuvre l’Homme au cheval blanc (1888), une nouvelle pleine de finesse dans l’étude psychologique, qui illustre l’influence de la mer sur la vie des hommes et souligne ainsi la grandeur et les limites de l’être humain confronté à la nature. Theodor Fontane, auteur de ballades et de romans, est connu pour les critiques perspicaces qu’il fait de la société allemande de la fin du XIXe siècle. |
Naturaliste dans sa manière de dépeindre les milieux sociaux, il est en outre, par ses qualités d’observateur, un précurseur du roman psychologique moderne. C’est d’ailleurs en s’inspirant des écrits que Fontane consacre à la première unification politique de l’Allemagne que Günter Grass a analysé au vitriol la façon dont la réunification de ce pays a été conduite au début des années 1990 (Un vaste champ, 1994). |
Philosophie et histoire |
L’idéalisme, qui domine jusqu’alors la philosophie allemande, est rejeté par le philosophe Ludwig Feuerbach au profit d’un naturalisme matérialiste. L’humanisme athée de Feuerbach est généralement interprété à la lumière des analyses et des critiques qu’en font Karl Marx et Friedrich Engels. Parmi les nombreux érudits qui favorisent le développement de la science de l’histoire pendant cette période, on trouve Leopold von Ranke, considéré comme l’un des fondateurs de l’écriture objective de l’histoire, Theodor Mommsen, un expert en études romaines, et Jakob Burckhardt, remarqué pour son ouvrage la Civilisation de la Renaissance en Italie (1860). Le développement de l’Allemagne en tant que nation est étudié par Wilhelm Häring, qui utilise le pseudonyme de Willibald Alexis (1798-1871), et par le nationaliste acharné Heinrich von Treitschke. "Littérature allemande" Encarta |
![]() |
Leopold von Ranke |